
Le tribunal militaire de garnison de Goma, siégeant en chambre foraine à Walikale, dans la province du Nord-Kivu, a condamné à la peine de mort le sergent Maleso Buka Pierre, agent de police judiciaire affecté à l’inspection judiciaire de Mubi, pour meurtre, à l’issue d’une audience publique tenue ce mercredi.
Cette lourde condamnation fait suite à des événements tragiques survenus le samedi 31 janvier 2026 à Mubi-Centre, dans le territoire de Walikale. Ce jour-là, deux agents de police judiciaire avaient été mandatés pour procéder à l’arrestation de M. Kambale Muhindo Jean, présenté par l’accusation comme un membre présumé d’un groupe armé non identifié, poursuivi pour détention illégale d’armes de guerre.
Selon les éléments exposés lors du procès, l’opération visait l’exécution d’un mandat d’amener délivré par les autorités judiciaires compétentes. Toutefois, au cours de l’intervention, la situation a dégénéré. Le tribunal a établi que le sergent Maleso Buka Pierre aurait ouvert le feu sans ordre préalable, entraînant la mort immédiate de la personne recherchée.
Une décision judiciaire lourde de sens
Après examen des faits, audition des témoins et plaidoiries des parties, le tribunal militaire a retenu la responsabilité pénale directe de l’accusé. Le sergent Maleso Buka Pierre a été reconnu coupable de meurtre, infraction qualifiée de grave au regard du Code pénal militaire congolais.
En conséquence, la juridiction a prononcé la peine capitale à son encontre. En outre, le tribunal l’a condamné au paiement de 10 000 dollars américains, en francs congolais, à titre de dommages et intérêts en faveur de la partie civile, pour réparer le préjudice subi par la famille de la victime.
Un message contre les abus en opération
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible dans l’est de la République démocratique du Congo, où les forces de sécurité sont régulièrement engagées dans des opérations contre les groupes armés. À travers ce verdict, la justice militaire entend rappeler l’obligation de respect strict des règles d’engagement, de la hiérarchie et des droits humains, même en situation opérationnelle.
Des observateurs locaux estiment que ce jugement constitue un signal fort contre l’impunité, notamment en ce qui concerne les bavures et les abus commis par des agents chargés de l’application de la loi.
À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur une éventuelle procédure d’appel engagée par la défense.
La rédaction


