
Le président rwandais Paul Kagame a livré une sortie médiatique particulièrement offensive et sans concessions lors du Dialogue national Umushyikirano 2026, ravivant les tensions diplomatiques et sécuritaires entre le Rwanda, la République démocratique du Congo (RDC), le Burundi et plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis.
Dans un discours marqué par un ton de défi, le chef de l’État rwandais a rejeté avec fermeté toute responsabilité de Kigali dans le conflit armé qui ravage l’est de la RDC, tout en assumant une posture de confrontation face aux pressions diplomatiques et aux menaces de sanctions.
🔴 Kagame rejette toute responsabilité rwandaise dans la guerre en RDC
Abordant frontalement la question sécuritaire dans l’est congolais, Paul Kagame a réaffirmé la position officielle de Kigali, selon laquelle le Rwanda ne serait ni à l’origine ni acteur direct du conflit en RDC.
« La guerre en RDC n’a pas été déclenchée par le Rwanda, ni n’a commencé à partir du Rwanda », a-t-il déclaré.
Selon lui, le principal différend entre Kigali et Kinshasa demeure la présence sur le sol congolais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé issu des anciens responsables du génocide de 1994, qu’il accuse de véhiculer une idéologie génocidaire persistante.
« Le problème que le Rwanda a avec la RDC concerne principalement les FDLR qui y sont présents, ainsi que l’idéologie génocidaire », a insisté Paul Kagame.
Une lecture qui contraste fortement avec les accusations répétées des autorités congolaises et de plusieurs rapports internationaux pointant l’implication directe ou indirecte du Rwanda dans le soutien au mouvement rebelle M23.
🔴 Burundi–RDC : Kigali minimise l’alliance et envoie un message détaché
Le président rwandais s’est également exprimé sur le rapprochement stratégique entre le Burundi et la RDC, une coopération sécuritaire perçue par Kigali comme une tentative de déstabilisation du Rwanda.
Sans masquer son irritation, Paul Kagame a néanmoins affiché une posture de détachement assumé :
« Historiquement, les Rwandais et les Burundais se considéraient comme des frères jumeaux, mais pour des raisons qui m’échappent, le Burundi a déclaré ne plus vouloir être allié au Rwanda, mais aux Congolais. Cela ne me dérange absolument pas. Si un peuple a choisi son camp, c’est son choix, et je le respecte. »
Cette déclaration intervient alors que Bujumbura et Kinshasa renforcent leur coopération militaire contre les groupes armés opérant dans la région frontalière.
🔴 Sanctions et pressions internationales : Kagame défie ouvertement Washington
Sur le plan international, Paul Kagame a tenu un discours virulent à l’égard de la communauté internationale, qu’il accuse d’exercer des pressions injustifiées sur le Rwanda dans le dossier congolais.
Évoquant explicitement les menaces de sanctions américaines, le président rwandais a adopté un ton particulièrement provocateur :
« Plutôt que de me laisser étouffer par toutes ces menaces, je me laisserai étouffer par la méfiance et je vous dirai de partir. »
Dans une déclaration encore plus tranchante, qualifiée d’exclusive par plusieurs observateurs, il a ajouté :
« Au lieu d’être étouffé par toutes ces menaces, je serai étouffé en étant provocateur et en vous disant d’aller en enfer. »
Des propos qui traduisent un durcissement notable du discours rwandais face aux États-Unis et aux partenaires occidentaux, de plus en plus critiques vis-à-vis de Kigali.
🔴 Attaque verbale contre Félix Tshisekedi
Dans un registre tout aussi polémique, Paul Kagame s’en est pris au président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dénonçant ce qu’il considère comme un traitement de faveur de la part de la communauté internationale.
« La communauté internationale traite Tshisekedi comme un enfant gâté », a-t-il lancé.
Une déclaration susceptible d’aggraver davantage les relations déjà exécrables entre Kigali et Kinshasa.
🔴 Kagame nie toute motivation minière en RDC
Face aux accusations persistantes d’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises, le président rwandais a une nouvelle fois rejeté catégoriquement ces allégations :
« Si nous étions vraiment en RDC pour les minerais, je peux vous dire que le Rwanda serait cent fois plus riche que ce que nous sommes aujourd’hui. »
Une affirmation qui intervient dans un contexte où plusieurs rapports d’experts de l’ONU accusent des réseaux transfrontaliers d’alimenter l’économie de guerre dans l’est de la RDC.
Une sortie médiatique lourde de conséquences régionales
Cette sortie médiatique de Paul Kagame, à la fois combative et provocatrice, s’inscrit dans un climat régional extrêmement tendu, marqué par la persistance du conflit à l’est de la RDC, la crispation diplomatique entre États voisins et l’implication croissante des acteurs internationaux.
Alors que Kinshasa continue de réclamer des sanctions ciblées contre Kigali, ces déclarations risquent de renforcer les lignes de fracture dans la région des Grands Lacs, au moment où les appels à une désescalade et à une solution politique se multiplient.
🖊️ Rédaction – Victoria News / Victoria Media



