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 Plus de 70 enseignants retrouvent leurs écoles à Uvira après leur fuite au Burundi

 Dans un élan d’espoir pour l’éducation dans l’est de la République Démocratique du Congo, plus de 70 enseignants qui avaient fui les violences vers le Burundi voisin ont regagné ce vendredi la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Leur retour, facilité par les autorités provinciales, vise à permettre la reprise effective des cours et à sauvegarder l’année scolaire 2025-2026, fortement compromise par l’insécurité persistante dans la région.

Ces éducateurs avaient trouvé refuge au Burundi ces derniers mois, face à la recrudescence des tensions et des affrontements impliquant l’armée rwandaise et les groupes armés, notamment le M23 et la coalition AFC-Twiraneho, dans les zones frontalières du Sud-Kivu. Cet exode avait créé un vide criant dans plusieurs écoles d’Uvira et de ses environs, mettant en péril l’avenir de milliers d’élèves.

Le retour a été organisé via le poste frontalier de Gatumba-Kamvivira, sous l’impulsion directe du Gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean Jacques Purusi. Celui-ci a mandaté la ministre provinciale de la Jeunesse et de l’Éducation, Mme Balumba Cijanga, pour superviser l’opération et accueillir les enseignants.

« Cette initiative a été facilitée par le gouverneur de province du Sud-Kivu, Jean Jacques Purusi, via son ministre provincial de la Jeunesse et de l’éducation, Mme Balumba Cijanga, par la frontière de Gatumba-Kamvivira, grâce à notre plaidoyer pour ne pas piétiner le calendrier de l’année scolaire 2025-2026 », a déclaré Alphonse Mufariji, coordinateur du Mouvement Citoyen de Lutte contre les Anti-Valeurs pour un Congo Émergent (MCLAC), structure ayant activement plaidé pour ce rapatriement.

Ce retour ciblé des enseignants constitue une priorité pour les autorités locales, qui cherchent à maintenir un semblant de normalité et à protéger le droit fondamental à l’éducation malgré le climat sécuritaire volatile. La présence des éducateurs est considérée comme un pilier essentiel pour la stabilité psychosociale des enfants et de leurs communautés.

Enjeux et défis à venir :
Si ce retour est salué comme une première étape positive, les défis restent immenses. Les autorités devront assurer la sécurité durable des enseignants dans leurs localités d’affectation, réhabiliter les infrastructures scolaires parfois endommagées, et fournir un soutien psychosocial à des éducateurs et des élèves traumatisés par les conflits. La continuité de l’année scolaire dépendra de la capacité à créer un environnement stable et propice à l’apprentissage.

La communauté humanitaire suit de près cette évolution, soulignant que l’éducation en situation d’urgence est une bouée de sauvetage pour toute une génération. Le succès de cette réintégration pourrait servir de modèle pour d’autres zones en proie à l’instabilité dans l’est de la RDC.

La rédaction

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