
Le complexe omnisport Tata Raphaël, l’une des enceintes sportives majeures de la capitale, est frappé d’une mesure drastique. Par une note officielle datée du 6 février 2026, le cabinet du Ministre des Sports et Loisirs a notifié la suspension immédiate de toutes les activités officielles des championnats au sein du stade. Cette décision fait suite à une série d’actes de vandalisme perpétrés lors de matches récents, qualifiés d’« intolérables » par les autorités.
Une décision ministérielle ferme
La lettre signée par Me Magloire Kasongowankenda, Directeur du cabinet du Ministre, est sans équivoque. Adressée à l’Administrateur-Gestionnaire du complexe, elle exprime la « vive préoccupation » du ministre face aux rapports « successifs » faisant état de dégradations récurrentes. Le ministre déplore des « comportements impunis des Clubs et de leurs supporters » qui ont des conséquences multiples.
Selon le document, ces actes portent atteinte à l’intégrité du patrimoine public, génèrent des coûts de réparation supplémentaires pour l’État – qui finance par ailleurs des travaux d’aménagement –, ternissent l’image du sport national, violent l’éthique sportive et compromettent la sécurité des personnes présentes dans l’enceinte.
Trois conditions sine qua non pour une réouverture
La suspension est prononcée « jusqu’à nouvel ordre », mais le ministère a établi un cahier des charges précis pour envisager une reprise des activités. La levée de la sanction est conditionnée par la présentation, dans les plus brefs délais, des trois éléments suivants :
- Un état des lieux complet des dégâts enregistrés au cours des deux dernières saisons sportives (2024-2025 et la saison 2025-2026 en cours).
- Un plan détaillé de sécurisation renforcée des installations, visant à prévenir toute récidive.
- Un engagement ferme assorti d’un échéancier précis pour la réparation de l’ensemble des dégâts constatés.
Le ministre exige que ces propositions lui soient soumises pour « expertise » avant toute décision de réouverture.
Impacts immédiats et réactions en attente
Cette fermeture surprise plonge l’organisation du championnat en cours dans l’incertitude. Le Stade Tata Raphaël, situé dans la commune de Kalamu, est en effet un hôte régulier de rencontres de football. La Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), dont la Présidente du Comité de Normalisation est en copie de la note, devra trouver des solutions alternatives pour les matches programmés.
La note a également été transmise pour information à la Première Ministre, ainsi qu’au Secrétaire Général aux Sports et Loisirs et à plusieurs hauts responsables administratifs et financiers du ministère, signe de la gravité avec laquelle l’affaire est traitée au plus haut niveau.
Les clubs concernés, leurs supporters et la gestion du stade sont désormais sous pression. Ils doivent collaborer rapidement pour produire un dossier convaincant permettant de restaurer la confiance des autorités et de rendre au public un patrimoine sportif préservé. Aucun délai n’a été communiqué, laissant planer le spectre d’une fermeture prolongée si les exigences du ministère ne sont pas satisfaites à la hauteur de ses attentes.
Les réactions des clubs utilisateurs du stade, de la FECOFA et de l’administration gestionnaire du complexe Tata Raphaël sont attendues dans les heures à venir.

