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Diplomatie minière : la RDC conditionne la coopération internationale au retour de la paix

En marge de la table ronde ministérielle de haut niveau consacrée aux minéraux critiques, organisée dans la capitale américaine, le Ministre des Mines de la République démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Louis Watum Kabamba, a multiplié les échanges stratégiques avec les autorités américaines, réaffirmant la position ferme de Kinshasa sur la gouvernance et la sécurisation de ses ressources naturelles.

Parmi les temps forts de cette mission diplomatique et économique, le patron des Mines congolaises a eu un entretien en tête-à-tête au Département d’État américain avec Jacob S. Helberg, Sous-Secrétaire d’État chargé des Affaires économiques. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du dialogue renforcé entre la RDC et les États-Unis autour des chaînes d’approvisionnement responsables en minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique mondiale et aux industries de pointe.

Une position claire de la RDC sur les minéraux critiques

Au cours de cette réunion stratégique, Louis Watum Kabamba a rappelé avec insistance que toute discussion relative à l’accès aux minéraux critiques de la RDC ne peut se limiter à des considérations économiques ou industrielles. Selon le ministre, ces échanges doivent impérativement être accompagnés d’actions concrètes en faveur de la paix, de la sécurité et de la souveraineté nationale.

« La RDC ne peut envisager un partenariat durable sur ses ressources stratégiques sans un engagement clair de la communauté internationale pour le retrait des troupes rebelles des zones occupées et la restauration effective de la sécurité dans l’Est du pays », a-t-il martelé devant son interlocuteur américain.

Sécurité, souveraineté et responsabilité internationale

Le ministre a souligné que l’exploitation des minéraux critiques – cobalt, lithium, cuivre, coltan et autres ressources indispensables à la transition énergétique – reste indissociable de la stabilité territoriale et du respect de la souveraineté congolaise. Il a rappelé que l’insécurité persistante dans certaines zones minières prive l’État congolais, les communautés locales et les partenaires internationaux des bénéfices d’une exploitation légale, transparente et responsable.

Dans ce contexte, Kinshasa attend de ses partenaires, notamment les États-Unis, un accompagnement politique et diplomatique fort, en plus des investissements économiques, afin de mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources alimentée par les groupes armés.

Vers un partenariat stratégique plus équilibré

De son côté, la partie américaine a réitéré son intérêt pour un partenariat stratégique avec la RDC, pays clé dans l’approvisionnement mondial en minéraux critiques. Les discussions ont également porté sur la nécessité de renforcer la traçabilité, la bonne gouvernance du secteur minier et la création de chaînes de valeur locales au bénéfice de l’économie congolaise.

Cette rencontre confirme la volonté des autorités congolaises de redéfinir les termes de la coopération internationale dans le secteur minier, en plaçant la paix, la sécurité et le développement durable au cœur de toute négociation.

Un message politique fort depuis Washington

À travers cette prise de position ferme, Louis Watum Kabamba envoie un message clair à la communauté internationale : la RDC est disposée à jouer un rôle central dans la transition énergétique mondiale, mais pas au prix de l’instabilité, de l’occupation armée et du pillage de ses ressources.

La diplomatie minière congolaise entend désormais lier étroitement investissements, sécurité et souveraineté, afin de garantir que les richesses du sous-sol congolais contribuent réellement à la paix et au développement du pays.

Par Coco Kingson Cabamba

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