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 Le mouvement d’autodéfense FADCO monte au créneau et accuse Me Moïse Nyarugabo de “division”

Dans un document en deux parties publié ce weekend, l’État-major du mouvement d’autodéfense “Forces d’Auto-Défense Debout Congolais” (FADCO), basé à Kitoga, a vivement réagi aux récentes accusations concernant des exactions contre la population tutsie. La structure, dirigée par Me Baguma Ruteranya, a également adressé une mise en garde cinglante à l’avocat Me Moïse Nyarugabo, dont l’itinéraire politique et judiciaire est longuement épilogué.

Kinshasa, le 5 mars 2026 – La tension médiatique monte d’un cran dans l’est de la République démocratique du Congo. Par le biais d’un communiqué de presse signé de son président, Me Baguma Ruteranya, le mouvement FADCO (Forces d’Auto-Défense Debout Congolais) a tenu à “mettre au point” suite à des déclarations qu’il juge “graves et infondées” attribuées à Me Moïse Nyarugabo, avocat et figure connue de la société civile.

Ce document, publié depuis le commandement de Kitoga dirigé par le Général Patro Kabila Rukokoma, se présente à la fois comme un démenti formel et une charge politique et personnelle d’une rare virulence.

Réfutation catégorique des accusations de “tueries de masse”

Dans la première partie du document, l’état-major du FADCO s’indigne des accusations selon lesquelles les Wazalendo (combattants patriotes) et le gouvernement tueraient délibérément des membres de la communauté tutsie.

Nous tenons à exprimer avec la plus grande fermeté que ces allégations sont totalement fausses, dénuées de preuves vérifiables et ne reposent sur aucun élément factuel crédible“, peut-on lire.

Le mouvement d’autodéfense qualifie ces déclarations de “désinformation manifeste” et d'”atteinte grave à l’image de l’Etat et à la réputation des Wazalendo”. Il réaffirme son engagement en faveur du respect de la vie humaine et de l’État de droit, assurant que leurs actions s’inscrivent dans un “cadre légal” soumis à des mécanismes de contrôle.

Le FADCO en appelle à la responsabilité de l’auteur présumé de ces propos, l’invitant à privilégier les “voies légales et institutionnelles”. Il lance également un appel aux médias nationaux et internationaux, les exhortant à “s’appuyer sur des sources officielles et des faits établis” avant de relayer des accusations aussi sensibles dans un contexte sécuritaire déjà volatile.

Me Moïse Nyarugabo dans le viseur : “Vous n’êtes pas l’avocat de toute la communauté”

La seconde partie du document est nettement plus personnelle et directement adressée à Me Moïse Nyarugabo. Le ton change, passant de la défense institutionnelle à l’attaque frontale.

Le FADCO reproche à l’avocat d’instrumentaliser sa communauté. “Vous devez savoir que vous n’êtes pas avocat de toute la communauté, seulement vous profitez de leur faiblesse c’est pourquoi vous les utilisez comme des jouets“, accuse le texte.

Le mouvement l’interpelle sur son rôle : “Est-il possible qu’un Me avocat soit diviseur d’un peuple uni ? Au contraire, tu serais un conseiller de tes frères qu’ils ne soient pas co-auteurs de la RDF criminelle du Rwanda.

Mais c’est le réquisitoire historique qui constitue la charge la plus lourde. La FADCO dresse une liste exhaustive des mouvements rebelles ayant marqué l’histoire récente de la RDC et de la région des Grands Lacs, affirmant que Me Moïse Nyarugabo en aurait été membre ou complice : “AFDL, RCD, CNDP, M23, AFC, TWIGANEHO, MRDP, tous ces groupes de Rebelles ont semé les troubles et crimes contre l’humanité.

Le document se conclut par une menace à peine voilée : “Vous devez savoir qu’un jour la justice sera faite à votre égard. Après la guerre il y a la justice. Le silence ce n’est pas un oubli.

Analyse : Une escalade verbale dans un climat de suspicion

Cette sortie médiatique du FADCO intervient dans un contexte où les discours identitaires et les accusations de soutien à l’agression rwandaise (via la RDF – Rwanda Defence Force) se multiplient.

En s’en prenant directement à la figure de Me Moïse Nyarugabo, le mouvement d’autodéfense cherche à discréditer un intellectuel considéré comme une voix influente de la communauté tutsie congolaise, en le renvoyant à un passif de rébellions. La stratégie consiste à le dépeindre non pas comme un défenseur des droits, mais comme un “diviseur” et un acteur historique de l’instabilité.

Pour l’heure, Me Moïse Nyarugabo n’a pas encore réagi publiquement à ces graves accusations. Cette prise de position du FADCO, signée et assumée par sa hiérarchie, risque de raviver les tensions communautaires et de compliquer davantage le dialogue entre les différentes composantes de la société congolaise, à l’heure où le pays fait face à des défis sécuritaires majeurs dans sa partie orientale.

Me Baguma Ruteranya, président de la FADCO, a signé ce document depuis Kitoga, accompagné de ses coordonnées téléphoniques, signe d’une volonté d’assumer pleinement ces propos devant l’opinion nationale et internationale.

Par Coco Kingson Cabamba

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