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Les autorités de l’Ituri interdisent l’entrée des militaires ougandais UPDF à Mahagi sans autorisation hiérarchique

Les autorités territoriales de Mahagi, dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, ont officiellement interdit l’entrée des éléments de l’armée ougandaise sur leur territoire sans autorisation préalable de la hiérarchie militaire. Cette décision ressort d’une correspondance administrative datée du 4 mars 2026 et signée par l’administrateur militaire du territoire de Mahagi.

Dans ce document officiel adressé aux responsables des services de sécurité et de contrôle aux frontières, l’administrateur militaire du territoire, le colonel Disanoa Lalua Jacques, donne des instructions claires concernant la gestion de la présence des forces étrangères dans cette zone frontalière stratégique.

Une interdiction formelle aux postes frontaliers

Selon la note administrative portant le numéro 324/053/BUR/AT/MHG/2026, les autorités locales agissent sur instruction du gouverneur militaire de la province de Ituri Province, qui assure également le commandement des opérations militaires dans la région.

Le document précise qu’il est « strictement interdit de faire entrer sur notre territoire par les frontières d’Anzida et Karombo les éléments UPDF et leurs matériels sans l’aval de la hiérarchie ».

Cette instruction est adressée notamment :

  • au chef de poste de la Direction Générale de Migration (DGM) ;
  • au chef de poste de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) ;
  • au chef de poste de la Direction des Services de Sécurité (DSF) ;
  • au commandant de l’escadron de la Police des frontières.

Tous ces services sont appelés à appliquer strictement cette mesure dans le territoire de Mahagi.

Un contexte sécuritaire sensible à la frontière RDC–Ouganda

Le territoire de Mahagi partage une frontière directe avec l’Ouganda, pays dont l’armée, la Uganda People’s Defence Force> (UPDF), est engagée depuis plusieurs années dans certaines opérations militaires conjointes avec les Forces armées congolaises contre des groupes armés actifs dans l’est de la RDC.

Cependant, la présence ou le mouvement des troupes étrangères sur le sol congolais reste un sujet particulièrement sensible, notamment dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu où les opérations militaires et les enjeux sécuritaires demeurent complexes.

La décision prise par l’administration territoriale vise ainsi à renforcer le contrôle institutionnel et militaire sur toute entrée de troupes étrangères, afin d’éviter toute infiltration ou mouvement non coordonné dans cette zone frontalière.

Renforcement de la coordination sécuritaire

Les autorités locales insistent sur la nécessité d’une coordination stricte avec la hiérarchie militaire provinciale avant toute autorisation d’accès aux forces étrangères. L’objectif est d’assurer un meilleur contrôle des mouvements transfrontaliers, particulièrement dans un contexte marqué par la présence de groupes armés et par les opérations militaires régionales.

La correspondance a également été transmise pour information au gouverneur militaire de l’Ituri basé à Bunia, chef-lieu de la province et centre névralgique du commandement des opérations militaires dans la région.

Cette mesure traduit la volonté des autorités provinciales et territoriales de préserver la souveraineté nationale et de maintenir un contrôle rigoureux sur les mouvements militaires dans les zones frontalières, alors que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC demeure volatile.

Par Coco Kingson Cabamba

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