
La situation sécuritaire reste extrêmement tendue dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. De violents affrontements opposent, depuis l’aube de ce dimanche 8 mars, plusieurs groupes armés aux forces loyalistes dans les environs de Minembwe-centre, territoire de Fizi.
Selon des sources locales concordantes, les combats ont éclaté vers 5h30 du matin dans la localité d’Alenge (Kalingi), située à proximité immédiate de Minembwe, un centre stratégique des hauts plateaux du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Des affrontements impliquant plusieurs groupes armés
D’après ces mêmes sources, les combats mettent aux prises les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par des combattants Wazalendo, contre une coalition de groupes armés composée notamment des rebelles Twirwaneho, actifs dans la zone de Minembwe, et des éléments du mouvement burundais RED‑Tabara.
Ces groupes seraient alliés au mouvement rebelle Mouvement du 23 Mars (M23/ARC), qui mène depuis plusieurs années une insurrection dans l’est du pays.
Les sources sécuritaires indiquent que les échanges de tirs se poursuivaient encore dans la matinée, témoignant d’une intensification des hostilités dans cette zone montagneuse déjà marquée par des conflits intercommunautaires et la présence de nombreux groupes armés.
Des frappes de drones signalées
Par ailleurs, des habitants rapportent que des drones auraient mené des frappes dans la zone d’Aenge (Kakenge), non loin des positions des groupes armés. Ces bombardements aériens auraient visé des positions supposées de combattants, bien qu’aucun bilan officiel ne soit encore disponible concernant d’éventuelles pertes humaines ou dégâts matériels.
Les autorités militaires congolaises n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces opérations au moment de la publication de cet article.
Une zone stratégique sous forte tension
La région de Minembwe constitue depuis plusieurs années un foyer majeur d’instabilité dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, où s’entrecroisent rivalités communautaires, présence de groupes armés locaux et ingérences de mouvements rebelles étrangers.
La multiplication récente d’alliances entre certains groupes armés locaux et des mouvements rebelles actifs dans l’est de la RDC, notamment le M23, inquiète les observateurs sécuritaires qui redoutent une extension du conflit déjà très actif au Nord-Kivu vers le Sud-Kivu.
Inquiétude des populations civiles
Face à la reprise des combats, plusieurs habitants auraient fui leurs habitations pour se mettre à l’abri, selon des témoignages recueillis dans la région. Les organisations locales de la société civile craignent une nouvelle vague de déplacements de populations, alors que les communautés des hauts plateaux vivent déjà dans une situation humanitaire fragile.
Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer l’évolution de la situation militaire autour de Minembwe, alors que les forces loyalistes tentent de contenir l’avancée des groupes armés dans cette zone sensible de l’est de la RDC.


