
Dans une déclaration ferme et sans équivoque, l’opposant politique et ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a vivement critiqué la gouvernance actuelle en République démocratique du Congo (RDC), mettant en lumière ce qu’il qualifie de défaillance structurelle de l’État face aux enjeux sécuritaires et économiques.
Au cœur de son message, un constat : la RDC, pourtant riche en ressources stratégiques comme le cobalt — indispensable à la transition énergétique mondiale — ne parvient pas à transformer ce potentiel en levier de développement et de protection pour sa population.
« Le Congo ne manque pas de cobalt pour contribuer à la transition énergétique mondiale. Ce qu’il lui manque, c’est un pouvoir capable de protéger son peuple », a-t-il déclaré.
Un réquisitoire contre la gestion des ressources
Pour Moïse Katumbi, la problématique ne réside pas dans l’absence de richesses naturelles, mais dans la gouvernance de celles-ci. Le cobalt congolais, dont la RDC est le premier producteur mondial, est au cœur des chaînes d’approvisionnement des batteries électriques, utilisées notamment dans les véhicules propres et les technologies vertes.
Cependant, selon lui, cette richesse est aujourd’hui exploitée dans un contexte de déséquilibre profond, où les bénéfices échappent largement aux populations locales. Il évoque notamment un « pillage » systématique du Katanga, région historiquement minière, dont les retombées économiques restent marginales pour les habitants.
Katanga : entre exploitation minière et crise humanitaire
Dans son intervention, l’ancien gouverneur pointe également la situation sécuritaire et sociale préoccupante dans l’espace katangais. Il dénonce un abandon de la population, laissée sans protection face à diverses menaces, allant de l’insécurité locale aux conditions de travail précaires dans certaines zones minières.
« Aujourd’hui, non seulement le Katanga est pillé, mais sa population est abandonnée, exposée même à la mort », a-t-il affirmé, dressant un tableau sombre de la réalité sur le terrain.
Cette déclaration intervient dans un contexte où les questions de gouvernance minière, de traçabilité des ressources et de responsabilité sociale des entreprises sont de plus en plus débattues, tant au niveau national qu’international.
Un enjeu global aux répercussions locales
La sortie médiatique de Moïse Katumbi relance le débat sur le rôle de la RDC dans la transition énergétique mondiale. Si le pays est un acteur clé dans la fourniture de minerais critiques, notamment le cobalt, les défis liés à la gouvernance, à la sécurité et à la redistribution des richesses demeurent entiers.
À l’heure où la demande mondiale pour ces ressources ne cesse de croître, la question posée par l’opposant congolais reste centrale : comment concilier exploitation minière, souveraineté nationale et protection des populations locales ?
Vers une intensification du débat politique ?
Cette prise de position pourrait raviver les tensions sur la scène politique congolaise, à l’approche de nouvelles échéances électorales et dans un climat marqué par des critiques récurrentes sur la gestion des ressources naturelles.
En mettant en avant la question du leadership et de la protection des citoyens, Moïse Katumbi semble vouloir repositionner le débat public autour des priorités nationales, entre sécurité, justice sociale et souveraineté économique.
Par : Coco Kingson Cabamba



