Accueil / Politique / Delly Sesanga pilonne le bilan de Félix Tshisekedi à 946 jours de la fin du mandat et dénonce un “État asphyxié”

Delly Sesanga pilonne le bilan de Félix Tshisekedi à 946 jours de la fin du mandat et dénonce un “État asphyxié”

. À moins de trois ans de l’échéance présidentielle de 2028, le climat politique en République démocratique du Congo se tend progressivement. Lors d’un discours prononcé dans la capitale, l’opposant Delly Sesanga a livré une critique méthodique et frontale de la gouvernance du président Félix Tshisekedi, dont il ne cesse de rappeler qu’il ne lui resterait que « 946 jours » à la tête du pays.

Un bilan économique jugé « alarmant »

Sur le plan économique, le président du parti Envol a dressé un tableau particulièrement sombre des huit années de pouvoir de Félix Tshisekedi. Selon lui, la gestion des finances publiques se caractérise par une dérive préoccupante des dépenses de l’État.

Il affirme notamment que la masse salariale de la fonction publique aurait connu une hausse spectaculaire, passant de 450 à près de 1 000 milliards de francs congolais mensuels depuis la réélection de 2023. Une évolution qu’il attribue à une expansion incontrôlée de l’appareil étatique.

À cela s’ajoute, d’après lui, un recours jugé excessif aux procédures d’urgence dans l’exécution budgétaire, contournant les circuits classiques de contrôle des dépenses publiques. Il évoque également une dette publique qui dépasserait désormais les 13 milliards de dollars, traduisant, selon ses propos, une dépendance accrue aux mécanismes d’endettement.

« L’État est devenu hypertrophié et asphyxié », a-t-il martelé, dénonçant un système contraint de recourir aux bons du Trésor pour assurer le paiement régulier des agents publics.

Sécurité : entre condamnation extérieure et interpellation interne

Abordant la question sécuritaire, Delly Sesanga a adopté une position nuancée. Il a fermement condamné ce qu’il qualifie d’« agression rwandaise » et appelé au retrait de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire congolais.

Toutefois, il a refusé que cette situation serve, selon lui, de justification à un manque de résultats du pouvoir en place. L’opposant a ainsi publiquement interrogé l’utilisation des ressources allouées à la défense nationale, estimées à 13,65 milliards de dollars depuis 2019.

Pour lui, l’écart entre les moyens mobilisés et la réalité sécuritaire sur le terrain, notamment dans l’Est du pays, soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité de la stratégie gouvernementale.

Constitution : une ligne rouge clairement tracée

Le passage le plus incisif de son intervention concerne la question d’une éventuelle révision constitutionnelle. Sur ce point, Delly Sesanga n’a laissé place à aucune ambiguïté, qualifiant une telle initiative de « haute trahison ».

S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, il a rappelé que tout citoyen congolais a le devoir de « faire échec » à toute prise ou exercice du pouvoir en violation des dispositions constitutionnelles.

Dans cette optique, il a lancé un appel à la mobilisation générale, invitant les forces politiques de l’opposition, la société civile ainsi que certains membres de la majorité présidentielle, notamment ceux de l’Union sacrée, à s’unir autour de la défense de l’ordre constitutionnel.

Vers une recomposition politique en vue de 2028 ?

À travers ce discours structuré et offensif, Delly Sesanga semble se positionner clairement dans la perspective des prochaines échéances électorales.

Son intervention traduit non seulement une volonté de capitaliser sur les frustrations socio-économiques et sécuritaires, mais également de fédérer un front élargi autour de la question institutionnelle.

À 946 jours de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, cette sortie marque une étape supplémentaire dans l’intensification du débat politique en RDC, sur fond de défiance croissante et de recomposition des rapports de force.

Par ; Coco Kingson Cabamba

Laisser un commentaire