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Félix Tshisekedi recadre la décentralisation et appelle à la responsabilité des provinces

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a livré un message ferme et structurant sur la gouvernance territoriale lors de l’ouverture de la 13e Conférence des gouverneurs, tenue mardi à Bandundu-ville, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo.

Devant les exécutifs provinciaux, le chef de l’État a tenu à rappeler l’esprit originel de la décentralisation, qu’il estime aujourd’hui dévoyé dans certaines entités. « La décentralisation n’a jamais eu pour vocation de faire des provinces des foyers de tension permanente », a-t-il martelé, dénonçant des pratiques qu’il juge contraires aux objectifs constitutionnels.

Un rappel à l’ordre sur la gouvernance provinciale

Dans un discours à forte portée politique, Félix Tshisekedi a insisté sur le fait que la décentralisation ne saurait servir de prétexte à des logiques de confrontation institutionnelle, ni à des stratégies de blocage ou de captation des ressources publiques.

Selon lui, certains dysfonctionnements observés dans la gestion des provinces traduisent une mauvaise compréhension — voire une instrumentalisation — du processus de décentralisation. Il a ainsi exhorté les gouverneurs à privilégier la coopération interinstitutionnelle, la transparence et l’efficacité dans l’action publique.

Rapprocher l’État du citoyen

Le Président a réaffirmé que la décentralisation reste un pilier fondamental de la gouvernance en République démocratique du Congo. Elle vise, a-t-il rappelé, à rapprocher l’État des citoyens, à adapter les politiques publiques aux réalités locales et à renforcer la redevabilité des autorités territoriales.

« Elle a été voulue pour responsabiliser les acteurs territoriaux et faire émerger, dans chaque province, des dynamiques de développement conformes à leurs potentialités propres », a-t-il souligné.

Ce positionnement intervient dans un contexte où plusieurs provinces sont confrontées à des tensions politiques internes, souvent liées à des rivalités entre assemblées provinciales et exécutifs locaux, ou à des conflits autour de la gestion des ressources.

Une conférence sous le signe des réformes

La 13e Conférence des gouverneurs constitue un cadre stratégique de concertation entre le pouvoir central et les provinces. Elle intervient à un moment clé où le gouvernement central entend renforcer le contrôle, améliorer la gouvernance locale et accélérer le développement équilibré des territoires.

Les travaux devraient notamment porter sur :

  • l’évaluation de la mise en œuvre de la décentralisation ;
  • la mobilisation des recettes provinciales ;
  • la sécurité et la stabilité institutionnelle dans les provinces ;
  • ainsi que les mécanismes de coordination entre Kinshasa et les entités territoriales.

Vers une recentralisation de fait ?

En filigrane, certains observateurs s’interrogent sur une possible volonté de reprise en main du pouvoir central face aux dérives constatées au niveau provincial. Sans remettre en cause le principe de décentralisation, le discours présidentiel traduit néanmoins une exigence accrue de discipline administrative et de cohérence dans l’action publique.

La Conférence de Bandundu-ville pourrait ainsi marquer un tournant dans la gestion des relations entre le centre et les provinces, à l’approche d’importants enjeux politiques et économiques pour la République démocratique du Congo.

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