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Goma : des journalistes enfermés dans des conteneurs, RSF tire la sonnette d’alarme

Une enquête accablante publiée par Reporters sans frontières met en lumière de graves violations des droits humains attribuées au mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon l’organisation, des civils et au moins deux journalistes auraient été détenus dans des conditions qualifiées d’« inhumaines » à Goma.

Des détentions dans des conditions extrêmes

D’après les éléments recueillis par RSF, plusieurs personnes auraient été enfermées dans des conteneurs métalliques, dépourvus de lumière et d’aération. Ces lieux de détention improvisés auraient exposé les prisonniers à des températures extrêmes, aggravant leur état de santé déjà précaire. Les témoignages évoquent des actes de torture, notamment des passages à tabac répétés, ainsi que des cas de malnutrition sévère. Certaines sources font également état de décès survenus en détention.

L’organisation précise que ces informations ont été corroborées par des témoignages concordants et des images authentifiées, renforçant la crédibilité des accusations.

Des sites identifiés en plein cœur de Goma

Parmi les lieux de détention identifiés figurent la cour de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu ainsi que des installations situées à proximité de la RTNC. Ces sites, situés dans des zones urbaines stratégiques, auraient été utilisés comme centres de détention clandestins après la prise de contrôle de la ville par le M23.

Le M23 rejette les accusations

Face à ces révélations, le M23 a fermement rejeté les accusations, les qualifiant de « propagande ». Le groupe armé nie toute implication dans des actes de torture ou de détention arbitraire de journalistes et de civils.

Un climat de terreur pour la presse

Depuis la chute de Goma entre les mains du M23, la situation des journalistes s’est fortement dégradée. Selon RSF, près d’une centaine de professionnels des médias ont fui la région, craignant pour leur sécurité. Plusieurs cas de menaces, d’agressions, de pillages et même d’assassinats ont été signalés, illustrant un climat d’insécurité généralisée pour la presse.

Cette situation compromet gravement la liberté d’informer dans une zone déjà marquée par des décennies de conflits armés.

Un rapport attendu le 26 mars

Reporters sans frontières a annoncé la publication d’un rapport détaillé le 26 mars 2026, qui devrait documenter de manière approfondie les exactions présumées et leurs implications sur la liberté de la presse dans l’est de la RDC.

En attendant, ces révélations relancent les appels de la communauté internationale en faveur d’une enquête indépendante et de mesures urgentes pour garantir la protection des journalistes et des civils dans les zones sous contrôle de groupes armés.

Par Coco Kingson Cabamba

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