
Dans une évolution notable sur le front sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, plusieurs localités du territoire de Lubero ont été le théâtre d’un retrait progressif des rebelles du M23 et des troupes rwandaises, selon des sources locales concordantes.
Après leur désengagement signalé dans la nuit de lundi à mardi à Kipese, les éléments armés ont poursuivi leur repli dans l’après-midi de ce mardi 24 mars 2026, quittant également les agglomérations de Lunyasenge, Bukununu, Musiya et Katondi.
Fuite des collaborateurs locaux
Sur le terrain, des témoins évoquent une situation en rapide mutation. « Les populations observent également la fuite de certains collaborateurs des rebelles », rapporte une source locale, précisant que ces derniers avaient choisi de « tourner le dos à la République » au profit du M23 et du Rwanda.
Ce départ précipité traduit, selon plusieurs analystes, une perte d’ancrage local du mouvement rebelle dans certaines zones du Nord-Kivu, où les tensions restent toutefois vives.
Effet direct de la diplomatie régionale ?
Ces retraits pourraient constituer les premiers effets concrets de la récente réunion tripartite tenue les 17 et 18 mars aux États-Unis. Cette rencontre diplomatique, organisée sous la médiation de Washington, a réuni des représentants du Rwanda et de la République démocratique du Congo dans un contexte de fortes tensions sécuritaires et diplomatiques.
Si aucun communiqué officiel détaillé n’a encore confirmé un accord formel de désengagement, ces mouvements sur le terrain sont interprétés comme un signal d’apaisement, voire un début d’application d’engagements pris en coulisses.
Prudence et attentes sur le terrain
Malgré ce recul apparent des forces hostiles, les populations locales restent prudentes. Dans cette région régulièrement marquée par des cycles de violences, les habitants attendent des garanties durables en matière de sécurité, notamment le déploiement effectif des forces régulières congolaises et la stabilisation des zones libérées.
Les prochains jours seront déterminants pour évaluer si ce retrait marque un tournant stratégique dans le conflit ou s’il s’agit d’un simple repositionnement tactique des forces en présence.


