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Transport urbain : fin de suspension pour les motos, un moratoire de 45 jours décrété

Le gouvernement provincial de Kinshasa a officiellement annoncé la levée de la suspension des opérations d’identification et de numérotation des motos, ainsi que de la perception des taxes y afférentes. Cette décision a été rendue publique à l’issue d’une séance de travail stratégique tenue mardi 24 mars 2026 entre les autorités provinciales et les bourgmestres des différentes communes de la capitale.

Une décision encadrée par des impératifs de modernisation

Prenant la parole, le ministre provincial des Transports, Jesus-Noël Sheke, a tenu à clarifier la portée de cette mesure. Selon lui, la suspension initiale n’était nullement dirigée contre les administrations communales, traditionnellement chargées de ces opérations, mais répondait à une nécessité de réforme structurelle.

L’objectif principal, a-t-il expliqué, est de moderniser le système d’identification des motocyclettes afin de renforcer la sécurité urbaine, d’améliorer la transparence dans la collecte des recettes et d’assurer une meilleure traçabilité des engins circulant sur la voie publique.

Un appel à la redevabilité des communes

Le ministre des Transports a également insisté sur le rôle central des communes dans la mise en œuvre de cette politique publique. Il a rappelé leur obligation de redevabilité vis-à-vis de l’exécutif provincial, notamment en ce qui concerne la gestion des recettes générées par ces opérations.

Cette orientation s’inscrit dans la vision du gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, qui prône une gouvernance axée sur la transparence financière et l’efficacité administrative.

Un moratoire de 45 jours pour une transition maîtrisée

Afin de garantir une reprise harmonieuse des activités, un moratoire de 45 jours a été instauré. Cette période transitoire permettra aux différentes parties prenantes – autorités communales, services techniques et opérateurs du secteur – de s’aligner sur les nouvelles directives et d’assurer une coordination optimale.

Durant ce délai, des mécanismes organisationnels et techniques seront mis en place pour éviter les dysfonctionnements observés par le passé.

De nouvelles obligations pour les motocyclistes

Dans la foulée, Jesus-Noël Sheke a annoncé la publication prochaine d’un ensemble de mesures réglementaires que devront respecter les motocyclistes pour exercer légalement leurs activités dans la capitale.

Ces dispositions viseront notamment à renforcer l’ordre public, à encadrer le secteur du transport urbain informel et à améliorer la sécurité routière, dans un contexte marqué par la prolifération des motos dans la ville.

L’Intérieur appelle à l’implication des bourgmestres

De son côté, le ministre provincial de l’Intérieur, Jeannot Canon Larose, a exhorté les bourgmestres à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre des réformes engagées par l’autorité urbaine.

Il a particulièrement insisté sur leur implication dans les initiatives visant à restaurer l’ordre public et à améliorer le cadre de vie des habitants, notamment à travers la lutte contre l’insalubrité, un défi majeur pour Kinshasa.

Vers une régulation renforcée du secteur

Avec la levée de cette suspension, les autorités provinciales entendent reprendre le contrôle d’un secteur clé de la mobilité urbaine, souvent marqué par l’informalité. Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration des services de transport et de sécurisation de l’espace public dans la capitale congolaise.

La réussite de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des institutions locales à coordonner efficacement leurs actions et à faire respecter les nouvelles règles par l’ensemble des acteurs concernés.

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