
La scène politique congolaise connaît une nouvelle montée de tension après la réaction virulente du pasteur Paul Mukendi aux propos récents de l’ancien président Joseph Kabila. Dans une déclaration au ton particulièrement incisif, l’homme de Dieu a remis en cause non seulement les positions politiques de l’ex-chef de l’État, mais aussi son identité nationale, suscitant de vives réactions au sein de l’opinion.
Une charge d’une rare virulence
Dans son intervention, Paul Mukendi n’a pas mâché ses mots. Il affirme que Joseph Kabila « n’a jamais été Congolais », l’accusant d’avoir des intentions contraires à l’unité nationale. Le pasteur fait notamment référence à une supposée volonté de « soudaniser » la République démocratique du Congo, une expression qui renvoie à un scénario de fragmentation ou de division du pays.
Pour Mukendi, ces déclarations constituent une preuve suffisante que l’ancien président agirait en contradiction avec les intérêts fondamentaux de la nation congolaise. « Tous les Congolais n’ont qu’une seule devise : le Congo doit rester un et indivisible », a-t-il martelé, reprenant un principe constitutionnel clé.
Appel à l’action contre l’ancien président
Au-delà des critiques politiques, le pasteur est allé plus loin en appelant directement le président en exercice, Félix Tshisekedi, à prendre des mesures fermes contre son prédécesseur. Il a notamment évoqué la nécessité de « traquer » Joseph Kabila et de s’attaquer à ses ressources financières.
Ces propos, jugés radicaux par certains observateurs, traduisent une volonté d’intensifier la pression politique et judiciaire contre l’ancien régime. Ils interviennent dans un contexte déjà marqué par des tensions persistantes entre les partisans de l’actuel pouvoir et ceux de l’ancien président.
Un discours qui ravive les fractures politiques
Le pasteur Mukendi a également évoqué « les années sombres » de la gouvernance de Joseph Kabila, qu’il qualifie de période marquée par « la tyrannie et la sauvagerie ». Une appréciation sévère qui reflète les critiques récurrentes formulées par une partie de la société civile et de la classe politique à l’égard du bilan de l’ancien chef de l’État.
Toutefois, ces accusations restent fortement contestées par les proches de Joseph Kabila, qui continuent de défendre son héritage politique, notamment en matière de stabilité institutionnelle et de processus démocratique.
Entre liberté d’expression et risque de surenchère
Cette sortie médiatique soulève également des interrogations sur les limites du discours public en période de tensions politiques. Si la liberté d’expression est garantie en République démocratique du Congo, certains analystes mettent en garde contre les dérives susceptibles d’alimenter la polarisation et les divisions internes.
Dans un contexte sécuritaire déjà fragile, notamment dans l’Est du pays, des propos aussi tranchés pourraient contribuer à exacerber les clivages plutôt qu’à favoriser le dialogue national.
Une séquence politique à surveiller
La réaction du pasteur Paul Mukendi intervient à un moment clé de la vie politique congolaise, où chaque prise de position publique est scrutée et amplifiée. Reste à savoir si cette déclaration entraînera une réponse officielle des autorités ou de l’entourage de Joseph Kabila.
En attendant, cet épisode illustre une fois de plus la persistance des tensions entre les différentes figures influentes du paysage politique congolais, dans un pays où la question de l’unité nationale demeure plus que jamais centrale.



