
L’affaire de la femme enceinte violentée dans un établissement hospitalier de Kinshasa prend une nouvelle tournure avec la révélation de l’identité du principal mis en cause. Il s’agit du docteur David Balanganayi, médecin à l’hôpital général de référence de Kinkole (ex-CNPP), également connu comme pasteur influent dans la commune de la N’sele.
Une vidéo choquante à l’origine de l’indignation
La diffusion massive d’une vidéo sur les réseaux sociaux montre une patiente en grande détresse, victime de violences physiques et verbales dans un cadre médical. Selon plusieurs témoignages concordants, la jeune femme avait été admise après une fausse couche et subissait une intervention de nettoyage lorsqu’elle aurait été brutalisée, malgré ses cris de douleur.
Ces images ont provoqué une onde de choc à travers le pays, mettant en cause les pratiques au sein de certaines structures sanitaires.
Un médecin également pasteur
Les informations relayées indiquent que le docteur David Balanganayi n’est pas seulement praticien, mais aussi pasteur du mouvement religieux inspiré du prophète William Marrion Branham, souvent appelé « message du temps de la fin ».
Il dirigerait notamment le tabernacle de Bibwa, situé dans la commune de Nsele, où il est connu pour cumuler ses fonctions médicales et religieuses. Cette double casquette alimente davantage le débat dans l’opinion publique, certains dénonçant une contradiction flagrante entre son rôle spirituel et les actes qui lui sont reprochés.
La Première Dame condamne fermement
Face à la gravité des faits, la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, a exprimé une vive indignation.
« Ces images sont insoutenables […] elles portent atteinte à la dignité humaine et violent les droits fondamentaux d’une femme en situation de vulnérabilité. »
Elle affirme avoir saisi les autorités compétentes pour que toute la lumière soit faite, appelant à une réponse « rapide, rigoureuse et exemplaire », ainsi qu’à une prise en charge adéquate de la victime.
Le ministre de la Santé ordonne des mesures immédiates
De son côté, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a réagi depuis la 13ᵉ conférence des gouverneurs, exprimant une « très grande tristesse » après le visionnage des images.
Il a annoncé une série de décisions fortes :
- L’instruction immédiate de l’Inspection générale de la santé, de l’Ordre des médecins et du Secrétariat général
- Le placement aux arrêts en flagrance du médecin incriminé
- L’ouverture de procédures disciplinaires et judiciaires
- Des démarches pour interdire définitivement l’exercice de la médecine au concerné en RDC
Selon le ministre, la vidéo met en évidence de graves manquements, notamment la violation du secret médical et le non-respect du devoir d’assistance à une patiente en danger.
Une affaire aux répercussions multiples
Ce scandale dépasse désormais le cadre d’un simple incident médical. Il soulève des questions profondes sur :
- L’éthique dans la pratique médicale
- Le contrôle des établissements de santé
- La responsabilité des praticiens exerçant une influence sociale ou religieuse
Dans l’opinion publique, la colère est amplifiée par le profil du mis en cause, à la fois médecin et leader religieux.
Appel à justice et soutien à la victime
Dans son message, Denise Nyakeru Tshisekedi a exprimé son soutien total à la victime, appelant à ce que justice soit rendue.
Sur les réseaux sociaux, les appels se multiplient pour que cette affaire serve d’exemple et marque un tournant dans la protection des patients en République démocratique du Congo.
Une enquête est en cours pour établir toutes les responsabilités dans une affaire qui pourrait durablement marquer le secteur de la santé en RDC.

