
Une nouvelle polémique s’installe entre République démocratique du Congo et le Rwanda, à la suite d’accusations portées par un haut responsable rwandais contre le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya. Ce dernier est accusé d’avoir tenu des propos incitant à l’extermination des Tutsis, une allégation fermement rejetée par Kinshasa.
Dans une réaction officielle, Patrick Muyaya a dénoncé ce qu’il qualifie de “mensonge”, exprimant son indignation face à une polémique survenue en pleine période de commémoration du génocide rwandais.
« Mentir même un jour de commémoration ! », s’est-il exclamé, fustigeant une tentative de politisation d’un moment censé être dédié exclusivement à la mémoire des victimes.
Le porte-parole du gouvernement congolais a pointé une “instrumentalisation malsaine” de cette commémoration, estimant que celle-ci devrait plutôt servir à honorer “la mémoire, rien que la mémoire, en solidarité avec les victimes du génocide, Tutsis et Hutus modérés”.
Au-delà de la controverse, Patrick Muyaya a également mis en garde contre toute tentative de récupération politique de cet événement historique. Selon lui, transformer cette tribune mémorielle pour “justifier une occupation illégale” porterait atteinte à la crédibilité même de la commémoration.
Réaffirmant la position officielle de Kinshasa, le ministre a insisté sur la distinction fondamentale entre le peuple rwandais – composé de Hutus, Tutsis et Twas – et les actions du pouvoir en place à Kigali, dirigé par le président Paul Kagame.
« Dans notre narratif, il n’existe ni discours de haine, ni stigmatisation », a-t-il précisé, rejetant toute accusation d’incitation à la violence.
Enfin, Patrick Muyaya a conclu son message par un appel à la vérité et à la responsabilité dans les relations entre les deux pays :
« On ne construit pas l’unité dans le mensonge ».
Cette nouvelle sortie médiatique intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre Kinshasa et Kigali, sur fond d’accusations réciproques liées à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, notamment autour de la question des groupes armés et des ingérences présumées.
Par Coco Kingson Cabamba



