
Les accusations du gouvernement rwandais, relayées ces derniers jours sur les réseaux sociaux, ont été qualifiées de « désinformation » par le vice-Premier ministre belge, Maxime Prévot.
Paris / Bruxelles – La polémique enfle dans la région des Grands Lacs. Alors que les tensions entre le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC) restent vives, la Belgique a été contrainte de sortir du silence pour démentir ce qu’elle considère comme une campagne de désinformation.
Dans une déclaration publiée sur son compte officiel, le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévost (Les Engagés), a rejeté avec fermeté les allégations selon lesquelles son pays transférerait des armes au Burundi.
Ces accusations, initialement portées par des sources proches du gouvernement rwandais, suggèrent que la Belgique fournirait secrètement du matériel militaire à Bujumbura. L’objectif présumé de cette opération serait double : préparer une attaque contre le territoire rwandais et, à terme, renverser le régime du président Paul Kagame.
« Aucun transfert d’armes »
Face à la gravité des accusations, la réponse de Bruxelles a été sans équivoque. « Il n’y a eu aucun transfert d’armes de la Belgique vers le Burundi », a martelé le chef de la diplomatie belge.
Qualifiant les informations rwandaises de « désinformation », Maxime Prévot a mis en garde contre les conséquences dangereuses de telles rumeurs dans un contexte déjà explosif.
« Ce type de désinformation n’est pas nouveau. Il sert principalement les intérêts de ceux qui cherchent à attiser les tensions – que ce soit entre la Belgique et le Rwanda ou plus largement dans la région – et à saper les efforts en cours en faveur du dialogue et de la paix », a-t-il ajouté.
Le ministre a appelé l’ensemble des acteurs régionaux et internationaux à « ne pas tomber dans ce piège ».
Un rappel à l’ordre diplomatique
Au-delà du démenti, cette prise de parole vise à recadrer les termes du débat sur la crise sécuritaire qui ravage l’est de la RDC. Depuis des mois, la région est le théâtre d’une guerre de tranchées diplomatiques entre Kigali et Kinshasa, ce dernier accusant régulièrement le Rwanda de soutenir la rébellion du M23.
La Belgique, ancienne puissance coloniale, tente de maintenir une position d’équilibre, mais se heurte régulièrement à la méfiance de Kigali.
« La position de la Belgique reste claire et cohérente : il n’y a pas de solution militaire au conflit dans l’est de la RDC », a insisté Maxime Prévot.
Selon lui, la seule issue viable et durable est politique, passant par « le dialogue et la négociation d’une paix inclusive et durable ».
Un contexte régional inflammable
Cette polémique intervient alors que les relations entre le Burundi et le Rwanda, bien que tendues par le passé, ont connu des hauts et des bas. Les accusations de soutien logistique à des groupes armés sont monnaie courante dans la région, où la méfiance entre voisins reste chronique.
Pour l’instant, le gouvernement rwandais n’a pas officiellement réagi à la déclaration de Maxime Prévot. Toutefois, les réseaux sociaux proches de Kigali continuent de relayer l’idée d’une ingérence belge.
Sur le plan diplomatique, ce démenti ferme pourrait calmer temporairement les tensions, mais il illustre surtout la fragilité du processus de paix dans les Grands Lacs. Alors que les regards se tournent vers les prochaines médiations (notamment sous l’égide de l’Union africaine), la bataille de l’information semble tout aussi décisive que celle des armes.
Par Coco Kingson Cabamba



