
RDC – Sanctions américaines : Eugène Diomi Ndongala démonte la posture “victimaire” de Joseph Kabila
Kinshasa, 2 mai 2026 — La réaction de Eugène Diomi Ndongala ne s’est pas fait attendre après la prise de position de Joseph Kabila consécutive aux sanctions américaines prises par l’Office of Foreign Assets Control. Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, le président de la Démocratie Chrétienne (DC) rejette catégoriquement l’argumentaire de l’ancien chef de l’État, qu’il accuse de se « victimiser » pour échapper à ses responsabilités.
Une “stratégie de diversion”, selon Diomi Ndongala
Dans son analyse, Eugène Diomi Ndongala considère que la sortie médiatique de Joseph Kabila, datée du 30 avril 2026, relève d’une « stratégie classique de diversion ». L’ancien président, qui dénonce des sanctions « injustifiées » et « politiquement motivées », chercherait, selon lui, à se présenter comme la cible d’un complot orchestré depuis Kinshasa avec l’appui de Washington.
« Il s’agit d’une tentative maladroite de retourner l’opinion en sa faveur en se drapant dans un faux rôle de martyr », affirme Diomi Ndongala, estimant que cette posture ne résiste pas à l’examen des faits.
Des accusations jugées “étayées” par des sources internationales
Contrairement à la ligne de défense de Joseph Kabila, le leader de la DC souligne que les accusations portées par les autorités américaines — notamment en matière de soutien présumé à des groupes armés opérant dans l’Est de la RDC — reposent, selon lui, sur des éléments « sérieux et documentés ».
Il évoque notamment les différents rapports du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, qui ont à plusieurs reprises mis en lumière les connexions entre certains réseaux politico-militaires et les dynamiques d’insécurité dans la région.
Dans ce contexte, Diomi Ndongala insiste sur le fait que « ces sanctions ne surgissent pas ex nihilo », mais s’inscrivent dans un cadre d’évaluation internationale plus large des responsabilités dans la crise sécuritaire persistante.
Une critique sévère du bilan de l’ère Kabila
Au-delà de la polémique actuelle, Eugène Diomi Ndongala remet en cause le bilan global des 18 années de pouvoir de Joseph Kabila (2001–2019). Il rejette les affirmations de l’ancien président concernant la « pacification » et la « réunification » du pays, évoquant plutôt une période marquée par des atteintes aux libertés publiques.
L’opposant rappelle notamment les épisodes de répression des manifestations entre 2016 et 2018, ainsi que les détentions qu’il qualifie de « politiques », estimant que ces éléments sont volontairement passés sous silence dans la communication de l’ancien chef de l’État.
Le débat constitutionnel au cœur des tensions
Un autre point de friction soulevé par Diomi Ndongala concerne l’interprétation des dispositions constitutionnelles. Il critique l’usage, par Joseph Kabila, de l’article 64 de la Constitution — qui consacre le droit de résister à un pouvoir jugé illégitime — sans prise en compte de l’article 63, qui impose à tout citoyen le devoir de défendre l’intégrité territoriale.
Selon lui, cette lecture « sélective » du texte fondamental traduit une instrumentalisation politique de la Constitution.
Un appel à la responsabilité et à la vérité
Dans la conclusion de sa déclaration, Eugène Diomi Ndongala met en garde contre ce qu’il qualifie de « discours dangereux », susceptible d’alimenter la confusion dans l’opinion publique. Il appelle à privilégier une approche fondée sur la vérité, la justice et la reddition des comptes.
Pour le leader de la Démocratie Chrétienne, la résolution durable de la crise congolaise passe par une reconnaissance des responsabilités à tous les niveaux, y compris celles des anciens dirigeants.
Contexte : Les sanctions américaines visant Joseph Kabila ont été annoncées dans le cadre des mesures du Trésor américain contre des acteurs accusés de contribuer à l’instabilité dans l’Est de la RDC. L’ancien président rejette ces accusations et dénonce une décision à caractère politique.
Par: Coco Kingson Cabamba



