
La République démocratique du Congo vient de franchir une étape majeure dans son processus de modernisation du secteur aérien. L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a officiellement levé la Préoccupation Significative de Sûreté (SSeC) qui pesait sur le pays, marquant ainsi une avancée significative vers une amélioration durable de son image dans le transport aérien international.
L’annonce a été faite ce vendredi 5 juin 2026 par le ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, qui s’est félicité de cette décision considérée comme un signal fort de confiance de la communauté aéronautique internationale envers les efforts entrepris par les autorités congolaises.
Une mission de validation concluante
Cette décision intervient à l’issue d’une mission de validation menée par les experts de l’OACI du 25 au 29 mai 2026 dans les deux principales plateformes aéroportuaires du pays : l’aéroport international de N’djili à Kinshasa et l’aéroport international de Luano à Lubumbashi.
L’objectif de cette mission consistait à vérifier la mise en œuvre effective des mesures correctives adoptées par les autorités congolaises après l’audit de supervision de la sûreté de l’aviation civile réalisé entre le 18 et le 30 mars 2026.
À travers cette évaluation, l’OACI a constaté des progrès significatifs dans plusieurs domaines essentiels liés à la sûreté aérienne, notamment le contrôle des accès, la surveillance des infrastructures aéroportuaires, la formation du personnel ainsi que le renforcement du cadre réglementaire national.
Des résultats en nette progression
Selon les conclusions de l’audit, la RDC a enregistré un taux de conformité de 69,15 % dans la mise en œuvre des éléments cruciaux du système de supervision de la sûreté de l’aviation civile.
Ce résultat représente une progression remarquable par rapport au précédent audit effectué en novembre 2017, où le pays n’avait obtenu qu’un score de 49,84 %.
Plus significatif encore, la RDC dépasse désormais la moyenne africaine, établie à 64,5 %, démontrant ainsi l’efficacité des réformes engagées ces dernières années dans le secteur.
Cette amélioration témoigne d’un changement notable dans la gouvernance de l’aviation civile congolaise et d’une volonté affirmée des autorités de se conformer aux normes et pratiques recommandées par l’OACI.
Le rôle déterminant des institutions aéronautiques congolaises
Le ministère des Transports attribue cette avancée aux efforts conjoints de plusieurs acteurs clés du secteur aérien national.
L’Autorité de l’Aviation Civile (AAC), chargée de la régulation et de la supervision du secteur, a joué un rôle central dans la mise en œuvre des recommandations formulées par les experts internationaux.
La Régie des Voies Aériennes (RVA), gestionnaire des infrastructures aéroportuaires du pays, a également contribué à l’amélioration des dispositifs de sûreté dans les principaux aéroports nationaux.
À ces institutions s’ajoutent les compagnies aériennes, les services de sécurité, les opérateurs aéroportuaires et l’ensemble des intervenants du secteur qui ont participé au renforcement du système national de sûreté.
Une avancée stratégique pour l’image du pays
La levée de la Préoccupation Significative de Sûreté constitue un signal positif pour la crédibilité internationale de la République démocratique du Congo.
Cette décision pourrait favoriser le développement du transport aérien national, attirer davantage d’investissements dans les infrastructures aéroportuaires et renforcer la confiance des partenaires internationaux dans le secteur aérien congolais.
Elle est également perçue comme une étape importante dans les efforts du pays pour améliorer son positionnement auprès des instances internationales de l’aviation civile et poursuivre le processus de sortie des différentes restrictions qui ont longtemps affecté le secteur aérien congolais.
Le gouvernement promet de poursuivre les réformes
Malgré cette avancée, les autorités congolaises soulignent que le travail n’est pas terminé. Le gouvernement réaffirme sa détermination à poursuivre les réformes engagées afin d’atteindre des standards encore plus élevés en matière de sûreté, de sécurité et de performance du transport aérien.
L’objectif affiché est de consolider les acquis obtenus, renforcer davantage les capacités institutionnelles du secteur et garantir une conformité durable aux exigences internationales.
La levée de la SSeC par l’OACI apparaît ainsi comme une reconnaissance des progrès accomplis, mais également comme une invitation à maintenir les efforts pour faire de la RDC un acteur crédible et compétitif dans le transport aérien régional et international.

