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RDC : Delly Sesanga empêché de quitter Kinshasa, l’opposant dénonce une « atteinte arbitraire » à sa liberté de circulation

Le président du parti Envol, Delly Sesanga, affirme avoir été empêché de quitter la République démocratique du Congo ce dimanche à l’aéroport international de Kinshasa, après que des agents de la Direction générale de migration (DGM) lui ont retiré son passeport et refusé l’autorisation d’embarquer à destination de l’Europe, où il devait poursuivre un traitement médical.

Selon les déclarations de l’opposant accordées au journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, cette décision est intervenue sans qu’aucune notification officielle ne lui soit remise, ni qu’un motif précis ne lui soit communiqué par les autorités compétentes.

Un voyage médical interrompu

D’après Delly Sesanga, ce déplacement avait pour unique objectif de poursuivre un suivi médical consécutif aux blessures qu’il affirme avoir subies lors de la manifestation du 12 juin dernier.

L’opposant explique souffrir de dix blessures graves, nécessitant une prise en charge spécialisée à l’étranger. Pourtant, au moment de franchir les formalités d’immigration, les agents de la DGM lui auraient confisqué son passeport avant de lui notifier verbalement son interdiction d’embarquer.

« On m’a retiré mon passeport et on m’a refusé l’embarquement », a déclaré le président d’Envol.

Selon son témoignage, les services de l’immigration lui auraient simplement indiqué qu’il devait se présenter devant la Cour de cassation, sans toutefois lui remettre une convocation officielle ni préciser les faits qui lui seraient reprochés.

« Je n’ai jamais été notifié de quoi que ce soit », a-t-il affirmé.

Une dénonciation d’une violation de la Constitution

Face à cette situation, Delly Sesanga estime que la mesure prise à son encontre constitue une violation des droits fondamentaux garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo.

Il considère que l’interdiction de voyager relève d’une mesure arbitraire ne reposant sur aucune base procédurale portée à sa connaissance.

« C’est une voie de fait exercée contre ma liberté d’aller et venir, garantie par la Constitution », a déclaré l’opposant, dénonçant ce qu’il qualifie d’« arbitraire flagrant ».

Pour le président du parti Envol, toute restriction de liberté devrait impérativement respecter les procédures judiciaires prévues par la loi, notamment en matière de notification des décisions et de respect des droits de la défense.

« Toutes mes adresses sont connues »

Delly Sesanga affirme par ailleurs qu’il n’a jamais cherché à se soustraire à la justice et rappelle que les autorités judiciaires disposent de tous les moyens nécessaires pour le joindre.

« Toutes mes adresses sont connues. La Cour de cassation ou toute autorité judiciaire sait comment m’atteindre », a-t-il déclaré.

Il assure qu’il entend utiliser les voies de droit pour contester cette mesure et faire reconnaître ce qu’il considère comme une atteinte à ses libertés fondamentales.

Un cas que l’opposant estime révélateur d’un problème plus large

Au-delà de sa situation personnelle, Delly Sesanga estime que cet épisode illustre une problématique plus générale concernant le fonctionnement de certaines institutions publiques en République démocratique du Congo.

Selon lui, de nombreux citoyens seraient confrontés quotidiennement à des décisions administratives ou judiciaires qu’il juge arbitraires.

« Je suis conscient que ce que je vis aujourd’hui est le quotidien de millions de Congolais confrontés à l’arbitraire des institutions », a-t-il déclaré.

Attente d’une réaction officielle

À l’heure de la publication de cet article, la Direction générale de migration (DGM) ainsi que les autorités judiciaires concernées n’avaient pas encore communiqué officiellement sur les raisons ayant conduit au retrait du passeport de Delly Sesanga ni sur le refus de son embarquement.

Cette affaire intervient dans un contexte politique marqué par des tensions persistantes entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, alors que les débats autour des libertés publiques, de la justice et du respect des droits fondamentaux continuent d’alimenter les discussions sur la scène politique congolaise.

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