
Kinshasa, 29 juillet 2025 – L’Inspection générale des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a convoqué vingt-cinq hauts responsables militaires et policiers dans le cadre d’une vaste mission d’enquête sur la débâcle de Bunagana. Cette décision fait suite aux instructions du vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale et anciens combattants, contenues dans des correspondances officielles datées de mars et mai 2025.
Selon la note signée par l’Inspecteur général des FARDC, le général Gabriel Amisi Kumba, les officiers concernés, dont plusieurs anciens commandants d’unités stratégiques, sont appelés à se présenter aux séances de travail prévues à l’état-major général. « Les officiers dont liste en annexe sont conviés aux séances de travail avec l’IG FARDC à son EM », peut-on lire dans le document.
Par ailleurs, pour les officiers actuellement détenus, l’Inspection générale annonce des descentes conjointes avec l’Auditorat général des FARDC dans différentes maisons carcérales. Cette mesure vise à recueillir les témoignages de tous les responsables impliqués, sans exception.
La liste annexée à la convocation comprend des personnalités militaires de tout premier plan, parmi lesquelles :
- le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, ex-chef d’état-major général des FARDC ;
- le lieutenant-général Franck Buamunda Ntumba, ancien chef d’état-major de la Marine ;
- le général-major Camille Bombele Lohola, ex-commandant du Service central d’appui et de soutien (SECAS) ;
- le général-major Sylvain Ekengé Moussa, ex-commandant du SCIFA ;
- le général-major Jérôme Chicko Tshitambwe, ancien chef d’état-major adjoint chargé des opérations.
D’autres officiers ayant dirigé des opérations dans le Nord-Kivu, Ituri ou encore au sein de brigades stratégiques figurent également sur la liste.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement et du haut commandement militaire d’établir les responsabilités dans la perte de Bunagana, ville frontalière tombée aux mains de la rébellion, un épisode qui avait provoqué une vive controverse au sein de l’opinion nationale.
Les travaux de l’Inspection générale des FARDC devraient permettre de faire la lumière sur les défaillances opérationnelles, logistiques et stratégiques ayant conduit à ce revers militaire, et d’en tirer les conséquences disciplinaires et judiciaires.
La convocation de ces 25 officiers illustre une volonté affichée de rompre avec l’impunité et d’instaurer une nouvelle culture de reddition de comptes au sein de l’armée congolaise.
Coco Kingson Cabamba


