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Kisangani : LUCHA dénonce la dissipation des fonds publics dans l’organisation des concerts Aksanti Fatshi

Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) monte au créneau contre ce qu’il qualifie de « dilapidation des fonds publics » par le gouvernement provincial de la Tshopo dans l’organisation des concerts baptisés Aksanti Fatshi, tenus les 16 et 17 août derniers à Kisangani.

Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, avec copie au gouverneur et à plusieurs instances, LUCHA affirme que le ministère provincial de l’Éducation nationale, Nouvelle citoyenneté, Information, Communication, Cultures, Arts, Jeunesse, Sports et Loisirs a organisé un concert populaire à l’esplanade de la poste et un concert privé à la Riviera Beach, sous le haut patronage du gouverneur.

Selon ce mouvement citoyen, en plus des moyens logistiques importants et de la main d’œuvre locale mobilisée, les autorités ont fait venir une artiste musicienne depuis Kinshasa pour un cachet estimé à près de 150 millions de francs congolais.

LUCHA fustige ce choix budgétaire, estimant qu’il se fait au détriment des besoins vitaux de la population. Le mouvement rappelle que les routes de desserte agricole et les routes provinciales se trouvent dans un état de délabrement avancé, que la criminalité urbaine ne cesse d’augmenter et que la police manque souvent de moyens pour intervenir efficacement.

À cela s’ajoutent la récurrence des coupures d’eau potable et d’électricité, l’augmentation du coût de la vie et l’insécurité dans certaines zones de la ville où les malfrats profitent de l’obscurité pour opérer. « Financer un double concert n’est nullement une priorité », souligne LUCHA.

Pour ce mouvement citoyen, donner la priorité au divertissement pendant que les besoins urgents de la population sont négligés constitue un problème d’« éthique publique et de vision stratégique ». Pire encore, LUCHA affirme que cette dépense n’était pas prévue initialement dans le budget provincial validé par l’Assemblée provinciale.

LUCHA appelle l’Assemblée provinciale de la Tshopo à ouvrir « une action parlementaire dès la prochaine rentrée » afin de faire toute la lumière sur le montant réellement dépensé et de tirer les conséquences politiques d’une telle gestion des fonds publics.

« Nous posons la question de savoir quelle est l’urgence qui a conduit à l’exécution de cette dépense extra-budgétaire », écrit le mouvement, qui dit rester mobilisé pour le suivi de cette affaire.

Coco Kingson Cabamba

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