
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a reçu en audience, ce lundi 22 septembre à New York, le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cette rencontre bilatérale de haut niveau, intervenant en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, avait pour cœur les défis pressants sécuritaires et politiques en RDC, avec un accent particulier sur la crise dans l’Est du pays et le rôle futur de la mission onusienne.
D’après le compte-rendu officiel délivré par le porte-parole du Secrétaire général, l’entretien a permis un examen approfondi de plusieurs dossiers critiques.
La situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri a naturellement dominé les échanges. M. Guterres et le Président Tshisekedi ont partagé leurs vives préoccupations concernant la recrudescence des violences et les activités des groupes armés, notamment le M23, dont l’offensive récente a exacerbé la crise humanitaire, entraînant des déplacements massifs de populations.
Les deux dirigeants se seraient accordés sur la nécessité d’une réponse régionale et internationale coordonnée pour faire cesser l’agression et garantir le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. La mise en œuvre effective des décisions des mécanismes régionaux, tels que la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), a été évoquée comme un levier essentiel.
Au-delà de l’urgence sécuritaire, l’ordre du jour incluait une analyse des processus politiques internes. Le Secrétaire général a salué les efforts du gouvernement congolais pour consolider l’État de droit et la gouvernance. Les discussions ont probablement porté sur la suite du processus électoral après les présidentielles de décembre 2023, avec un accent sur l’importance de la pacification du pays et de l’inclusion politique pour assurer une stabilité durable.
Un point crucial de la rencontre a porté sur le rôle de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), dans un contexte de transition accélérée. Le gouvernement congolais ayant exprimé sa volonté d’un retrait progressif mais accéléré de la mission, les discussions ont dû se concentrer sur la mise en œuvre « des accords récents », comme le note le communiqué onusien.
Il s’agit très probablement du plan de désengagement conjointement élaboré, qui vise à transférer progressivement les responsabilités de sécurité aux forces congolaises. La feuille de route doit définir les conditions préalables, le calendrier et les modalités de ce retrait, afin d’éviter tout vide sécuritaire. M. Guterres a réaffirmé l’engagement des Nations Unies à soutenir ce processus de transition, en veillant à ce qu’il soit ordonné, responsable et conditionné aux améliorations sécuritaires sur le terrain. Le renforcement des capacités des forces de sécurité congolaises (FARDC) et de la police nationale reste une priorité absolue pour les deux parties.
Cette entrevue intervient à un moment charnière pour la RDC, alors que le pays fait face à des défis multidimensionnels. Elle démontre la volonté du gouvernement Tshisekedi de maintenir un dialogue étroit avec la communauté internationale pour résoudre la crise à l’Est, tout en accélérant la souveraineté sécuritaire du pays via le retrait de la MONUSCO.
Pour le Secrétaire général des Nations Unies, il s’agit de trouver un équilibre délicat entre le respect de la demande souveraine de la RDC et la responsabilité de l’ONU de protéger les civils, dans une région où la diplomatie reste plus que jamais nécessaire.
Par la Rédaction



