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Appui budgétaire ou complicité ? Kamitatu s’en prend aux institutions de Bretton Woods

Olivier Kamitatu, figure influente du parti Ensemble pour la République, a vivement critiqué le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, les accusant de fermer les yeux sur la corruption en République démocratique du Congo en maintenant leur appui financier à l’exécutif congolais.

Dans un message rendu public ce jeudi, l’ancien ministre du Plan a dénoncé ce qu’il qualifie de « complicité institutionnelle », reprochant aux deux institutions de privilégier des indicateurs macroéconomiques artificiels au détriment de la réalité sociale vécue par des millions de Congolais.

« En RDC, on se félicite d’une stabilité macroéconomique alors que le pays traverse une tragédie humanitaire. En continuant d’alimenter financièrement le régime, le FMI et la Banque mondiale cautionnent un système prédateur », a écrit Olivier Kamitatu.

S’appuyant sur les récentes données du Programme alimentaire mondial (PAM), de la FAO et de l’UNICEF, Kamitatu souligne que plus de 26 millions de Congolais vivent en situation d’insécurité alimentaire aiguë, tandis que près de 5 millions d’enfants souffrent de malnutrition chronique.

Selon lui, ces chiffres démontrent l’échec des politiques publiques malgré les milliards de dollars injectés dans les programmes d’ajustement et de développement. Il déplore que les bailleurs internationaux mesurent le succès du gouvernement sur des critères purement comptables sans prendre en compte la détresse des populations.

Olivier Kamitatu estime que le soutien budgétaire octroyé à la RDC dans le cadre de la Facilité de crédit élargie (FCE) revient à « accompagner un régime prédateur », alors que les rapports de plusieurs ONG pointent du doigt des détournements massifs et un manque de transparence dans la gestion publique.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par des critiques croissantes contre la gouvernance économique du pays, notamment la gestion des fonds publics, des contrats miniers et des recettes fiscales.

Les propos de Kamitatu relancent le débat sur le rôle et la responsabilité des partenaires internationaux dans la consolidation de la gouvernance en RDC.
Plusieurs observateurs estiment que le FMI et la Banque mondiale privilégient la stabilité institutionnelle pour éviter une crise économique, même au prix de compromettre la lutte contre la corruption.

Pour d’autres, le maintien de l’appui financier est une nécessité stratégique pour préserver les équilibres macroéconomiques et empêcher l’effondrement d’un pays clé du continent africain.

Alors que la polémique enfle, ni le FMI ni la Banque mondiale n’ont encore réagi officiellement aux déclarations de M. Kamitatu.

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