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Baisse historique des compensations le Vpm Mukoko Samba impose une cure d’austérité dans le secteur pétrolier

Le gouvernement congolais vient d’acter une réduction sans précédent de l’enveloppe allouée aux pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières opérant en République démocratique du Congo. Pour les deux premiers trimestres de l’année 2025, seuls 15,9 millions de dollars américains ont été validés, contre 31 millions en 2024 et 287 millions en 2023.

Cette décision marque un tournant majeur dans la gestion des compensations liées à la stabilisation des prix des produits pétroliers, longtemps considérées comme un gouffre financier pour le Trésor public.

Sous la supervision du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, les travaux de certification des pertes et manques à gagner se sont déroulés du 7 au 10 octobre 2025. Ces assises, tenues à Kinshasa, ont réuni les représentants du gouvernement, des sociétés pétrolières ainsi que des experts indépendants.

Selon les conclusions officielles, 15.972.221 dollars américains ont été reconnus comme montant dû aux compagnies pétrolières pour les 1er et 2e trimestres 2025. Cette somme, nettement inférieure aux évaluations précédentes, résulte d’un processus de vérification approfondi fondé sur des données réelles et vérifiables.

« Nous avons voulu que chaque dollar dépensé par l’État soit justifié. Ce travail de certification est une preuve de la transparence et de la discipline que nous voulons instaurer dans la gestion économique du pays », a déclaré Daniel Mukoko Samba à l’issue des travaux.

Cette baisse spectaculaire reflète la volonté du gouvernement de rationaliser les dépenses publiques et d’instaurer une gestion plus responsable des ressources nationales. Elle s’inscrit également dans la continuité des réformes économiques engagées par le Président Félix Tshisekedi pour assainir les finances de l’État et réduire les charges liées aux subventions pétrolières.

En 2023, l’État avait déboursé près de 287 millions de dollars pour compenser les sociétés pétrolières, un montant jugé excessif par plusieurs observateurs. Grâce à une meilleure maîtrise des mécanismes de fixation des prix et à un contrôle plus rigoureux des déclarations des opérateurs, le gouvernement a pu diviser cette charge par près de vingt.

Pour les experts, cette démarche traduit une nouvelle culture de gouvernance économique en RDC, marquée par la rigueur et la recherche de l’efficacité. Elle pourrait également renforcer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires financiers et investisseurs internationaux.

« Le signal est clair : la RDC entre dans une ère de gestion responsable. Réduire de 287 à 15 millions de dollars en deux ans, c’est une performance qui montre que le gouvernement tient désormais à chaque centime de l’argent public », commente un économiste basé à Kinshasa.

Les autorités économiques envisagent déjà de repenser le mécanisme de stabilisation des prix du carburant afin d’éviter l’accumulation de dettes envers les opérateurs. L’objectif est de concilier la stabilité des prix à la pompe avec la durabilité budgétaire, tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages congolais.

Cette réforme, jugée indispensable, pourrait conduire à une meilleure articulation entre la politique pétrolière, la politique monétaire et la stratégie énergétique nationale.

En somme, la réduction drastique des compensations pétrolières validée par le gouvernement congolais illustre un tournant décisif vers une gestion plus saine et plus transparente des finances publiques. Un geste fort, à la fois économique et politique, qui confirme la détermination de Kinshasa à imposer une discipline budgétaire durable au service du développement national.

Par Coco Kingson Cabamba

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