
L’ancien député national et professeur d’université Sam Bokolombe Batuli a saisi la justice congolaise pour réclamer 12,5 millions de dollars américains à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Cette action en justice intervient après sa réhabilitation par les tribunaux, à la suite de son invalidation jugée « arbitraire » lors des élections législatives de 2023.
Selon les documents consultés par Victoria News, le professeur Bokolombe accuse la CENI d’avoir « porté atteinte à son honneur, à sa réputation académique et politique » en l’excluant de la compétition électorale sans notification préalable ni preuve tangible.
« La décision de la CENI a été prise en violation flagrante du droit de la défense. Aucune pièce ne m’a été communiquée, aucune audition n’a eu lieu. C’était une décision totalement infondée », a déclaré Me Bokolombe dans un communiqué transmis à la presse.
En 2023, la CENI avait invalidé la candidature de Sam Bokolombe pour « tricherie et détention illégale des machines à voter », l’accusant d’avoir conservé des équipements électoraux destinés à la formation du personnel dans son université.
Cette décision avait suscité une vive polémique, plusieurs observateurs dénonçant une “chasse politique” contre un intellectuel connu pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place.
Mais en août 2024, la justice congolaise avait finalement blanchi l’ancien député, estimant que les accusations de la CENI n’étaient pas fondées et que les machines saisies étaient destinées à des travaux de recherche autorisés par un protocole d’accord avec la CENI elle-même.
Aujourd’hui, Sam Bokolombe contre-attaque. Son dossier sera examiné le 5 décembre 2025 par le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, selon une citation à comparaître confirmée par le greffe.
Son avocat, Me Patrick Muepu, affirme que la plainte vise à obtenir réparation pour le préjudice moral, politique et matériel subi :
« Notre client a été injustement écarté d’un processus électoral auquel il avait droit. Cette décision a brisé sa carrière politique et entaché son image publique. La CENI doit en répondre. »
Contactée par Victoria News, la CENI n’a pas encore commenté officiellement cette nouvelle procédure judiciaire. Une source interne, sous couvert d’anonymat, indique cependant que l’institution se prépare à se défendre en justice et conteste le montant jugé “exorbitant” de la demande d’indemnisation.
Professeur d’université, chercheur et homme politique, Sam Bokolombe Batuli est une figure intellectuelle respectée en RDC. Ancien député national, il a été membre influent de la commission politique, administrative et juridique de l’Assemblée nationale.
Connu pour son franc-parler, il a souvent dénoncé les irrégularités électorales et plaidé pour la transparence dans la gestion publique.
L’audience du 5 décembre 2025 au TGI de Kinshasa-Gombe s’annonce décisive. Si la justice donne raison à M. Bokolombe, cette affaire pourrait créer un précédent historique en matière de responsabilité électorale et d’impartialité de la CENI.

