
Les principales figures de l’opposition congolaise ont rencontré, ce lundi à Kinshasa, le Secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, dans un contexte politique jugé tendu et préoccupant. Au cœur des échanges : la nécessité d’un engagement plus affirmé de la MONUSCO pour favoriser l’apaisement du climat politique et encourager des mesures urgentes de décrispation de la part du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Un climat politique jugé préoccupant
Lors de cette rencontre, les représentants de l’opposition ont dressé un tableau sombre de la situation politique actuelle en République démocratique du Congo. Ils ont dénoncé ce qu’ils qualifient de restrictions persistantes des libertés publiques, notamment les entraves aux activités politiques, les arrestations de militants et les pressions exercées sur certains acteurs de la société civile et des médias.
Selon eux, ce contexte alimente la méfiance, accentue la polarisation politique et fragilise davantage la cohésion nationale à l’approche des grands enjeux institutionnels du pays.
Appel aux bons offices de la MONUSCO
Face à Jean-Pierre Lacroix, les opposants ont clairement exprimé leurs attentes vis-à-vis de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC. Ils ont sollicité les bons offices de la MONUSCO afin qu’elle use de son influence diplomatique pour inciter le chef de l’État à poser des actes forts de décrispation, notamment :
- la libération des prisonniers politiques et d’opinion ;
- la fin des poursuites judiciaires jugées à caractère politique ;
- la garantie des libertés de réunion, d’expression et de manifestation ;
- l’ouverture d’un cadre de dialogue politique inclusif.
Pour l’opposition, seule une telle démarche permettrait de restaurer la confiance entre les acteurs politiques et de prévenir toute escalade de tensions.
L’ONU prône le dialogue et l’inclusivité
De son côté, Jean-Pierre Lacroix a réaffirmé l’attachement des Nations unies au respect de l’État de droit, des libertés fondamentales et à la recherche de solutions pacifiques aux différends politiques. Il a insisté sur l’importance du dialogue inclusif comme moyen privilégié pour consolider la stabilité politique et institutionnelle du pays.
Sans s’immiscer dans les affaires internes de la RDC, le haut responsable onusien a assuré que la MONUSCO demeurera attentive à l’évolution de la situation politique et poursuivra ses efforts pour accompagner les autorités congolaises et l’ensemble des parties prenantes dans la promotion de la paix et de la démocratie.
Un message fort à la veille d’enjeux majeurs
Cette rencontre intervient à un moment charnière, alors que la RDC fait face à de multiples défis sécuritaires, sociaux et politiques. Pour l’opposition, l’implication active de la MONUSCO dans la décrispation politique est perçue comme un levier essentiel pour préserver la stabilité du pays et garantir un climat politique apaisé, propice au dialogue et à la réconciliation nationale.



