
La République démocratique du Congo et les Émirats arabes unis ont franchi un cap stratégique majeur dans leurs relations bilatérales. Ce lundi, au prestigieux palais présidentiel de Qasr Al Watan, le Président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et Son Altesse Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane, Président des Émirats arabes unis, ont officiellement signé un Accord de Partenariat Économique Global (APEG), présenté comme l’un des plus ambitieux accords économiques conclus par la RDC ces dernières années.
Fruit de plusieurs mois de négociations techniques et politiques, cet accord s’inscrit dans la vision du Chef de l’État congolais axée sur la transformation locale des ressources, la diversification de l’économie et la construction de partenariats gagnant-gagnant, loin des schémas extractifs classiques.
Un accès élargi au marché émirati et des investissements massifs attendus
Premier pilier de l’APEG, le volet Commerce & Investissement marque une avancée significative pour les exportations congolaises. L’accord prévoit l’ouverture du marché émirati à près de 6 000 produits originaires de la RDC, couvrant notamment les secteurs agricole, agro-industriel, minier transformé et manufacturier.
Sur le plan financier, Kinshasa et Abu Dhabi se fixent un objectif ambitieux : doubler les investissements directs émiratis en RDC pour atteindre 10 milliards de dollars américains d’ici 2030. Ces investissements cibleront prioritairement les secteurs à forte valeur ajoutée, capables de créer des emplois durables et de stimuler l’industrialisation du pays.
Le port en eaux profondes de Banana, pilier de la souveraineté maritime congolaise
Le deuxième axe stratégique concerne les infrastructures, avec un projet phare : la construction du port en eaux profondes de Banana, dans la province du Kongo Central, à Moanda. Véritable projet structurant, ce port vise à repositionner la RDC comme un acteur logistique majeur en Afrique centrale.
Selon les termes de l’accord, l’infrastructure comprendra :
- un quai de 600 mètres,
- une zone de stockage de 30 hectares,
- une capacité opérationnelle estimée à environ 450 000 conteneurs par an.
Ce port permettra non seulement de réduire la dépendance de la RDC vis-à-vis des ports étrangers, mais aussi de fluidifier les échanges commerciaux, diminuer les coûts logistiques et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Mines, traçabilité et diplomatie : une coopération stratégique élargie
Le troisième pilier de l’APEG touche aux mines et à la diplomatie, deux secteurs clés pour la RDC. L’accord prévoit un renforcement des mécanismes de traçabilité des minerais, afin de sécuriser les chaînes d’approvisionnement, répondre aux standards internationaux et attirer des investisseurs responsables.
Cette coopération minière sera adossée à des investissements coordonnés, visant à promouvoir la transformation locale et à lutter contre l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Par ailleurs, un volet diplomatique inédit a été intégré à l’accord. Il s’agit d’une collaboration institutionnelle entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie diplomatique Anwar Gargash des Émirats arabes unis. Ce partenariat portera sur :
- le partage de connaissances et d’expertise,
- la coordination des programmes de formation diplomatique,
- le développement de projets de recherche conjoints.
Un tournant stratégique pour la RDC sur la scène internationale
Pour Kinshasa, cet Accord de Partenariat Économique Global constitue un tournant stratégique, traduisant la volonté des autorités congolaises de repositionner la RDC comme un partenaire crédible, attractif et structurant sur la scène économique mondiale.
En scellant cet accord à Abu Dhabi, le Président Félix Tshisekedi confirme sa diplomatie économique proactive, orientée vers des alliances capables d’accélérer le développement, de renforcer la souveraineté économique du pays et d’inscrire la RDC dans les grandes chaînes de valeur internationales.



