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Conférence de Paris : le Togo accuse la communauté internationale d’avoir abandonné la paix en Afrique

Lors de la Conférence internationale sur la paix et la sécurité tenue à Paris, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a livré une intervention marquante qui a profondément résonné dans l’auditoire. Dans un ton à la fois mesuré et ferme, le chef de la diplomatie togolaise a dénoncé ce qu’il qualifie de « manquement partagé de la communauté internationale pour assurer la paix et la dignité humaine », un message qui s’adresse autant aux puissances occidentales qu’aux institutions africaines elles-mêmes.

Faisant référence aux multiples foyers de tension sur le continent, notamment en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan, et dans la région des Grands Lacs, Robert Dussey a souligné que les réactions internationales demeurent souvent sélectives et tardives.

« Nous ne pouvons plus tolérer une diplomatie des émotions. La paix ne se décrète pas, elle se construit dans la justice et le respect de la dignité humaine », a-t-il déclaré.

Le ministre togolais a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de reprendre la main sur ses propres processus de paix, tout en invitant les partenaires extérieurs à faire preuve de cohérence et de sincérité.

En présence de plusieurs dirigeants africains et européens, dont le président Félix Tshisekedi de la RDC et des représentants du Rwanda, Robert Dussey a évoqué, sans détour, la situation dramatique dans l’Est congolais.

« Les tragédies humaines dans cette région ne sont pas seulement la conséquence d’un conflit local, mais le résultat d’un abandon global », a-t-il martelé, appelant à une action diplomatique concertée et équitable.

Son intervention, saluée par plusieurs observateurs, s’inscrit dans une volonté d’éveiller les consciences internationales sur les contradictions d’un système multilatéral souvent impuissant face aux drames africains.

Le Togo, sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé, s’est imposé ces dernières années comme un acteur clé de la médiation africaine. Robert Dussey, artisan de cette diplomatie apaisée, a rappelé que son pays continuera à plaider pour une paix juste et durable, fondée sur la vérité et la responsabilité.

« Le silence face à l’injustice est une complicité. Nous devons rompre avec l’indifférence internationale », a-t-il conclu.

La sortie du ministre togolais a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et parmi les délégations présentes à Paris. Certains y voient une remise en cause courageuse du statu quo diplomatique, tandis que d’autres estiment qu’elle ouvre la voie à une redéfinition du partenariat Nord-Sud autour de valeurs réellement partagées.

La Conférence de Paris sur la paix, organisée à l’initiative du président Emmanuel Macron, vise à réunir les acteurs clés des zones de conflit pour réfléchir à de nouveaux mécanismes de prévention et de règlement pacifique. La présence de la RDC, du Rwanda, du Togo et d’autres pays africains a donné une dimension particulière à ce rendez-vous, au moment où le continent traverse l’une des périodes les plus sensibles de son histoire récente.

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