
Dans une déclaration ferme et détaillée rendue publique ce lundi, le parti Ensemble pour la République, principale formation d’opposition, a rejeté avec véhémence le cadre du dialogue national proposé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi. Le parti exige des préalables concrets et dénonce ce qu’il qualifie de « contradictions flagrantes » et de « simulacre » de la part du pouvoir.
Un dialogue sous médiation neutre ou rien
Le document, intitulé « Déclaration du 02 février 2026 », réaffirme d’emblée l’attachement du parti à un dialogue national « sincère, inclusif et apaisé », mais insiste pour qu’il se tienne sous l’égide exclusive d’une « médiation morale et neutre », en l’occurrence celle proposée par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) dans le cadre de leur initiative pour un Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble.
« Toute démarche qui exclurait des acteurs essentiels de la nation serait vouée à l’échec », prévient le parti, avertissant que le dialogue ne saurait être « une concession du pouvoir ni une rencontre de convenance entre alliés politiques ».
Cinq préalables non négociables
Pour ouvrir la voie à un dialogue crédible, Ensemble pour la République énumère cinq conditions préalables présentées comme « le socle minimal de la confiance » :
- La levée de toutes les condamnations à caractère politique.
- La libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion.
- La fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques.
- La levée des restrictions arbitraires à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants.
- La cessation de toute répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes.
« Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses », souligne le texte, martelant qu’elles sont indispensables.
Dénonciation des « contradictions » du pouvoir
Le parti porte une charge particulièrement sévère contre le Président Tshisekedi, pointant du doigt ses « contradictions flagrantes ».
D’une part, le pouvoir refuserait le dialogue politique avec l’opposition congolaise hors de Kinshasa, tout en négociant avec le groupe AFC/M23 à Doha, au Qatar. D’autre part, le Président se présenterait comme le gardien de la Constitution tandis que ses partisans appelleraient ouvertement à sa modification.
Sur ce point, l’opposition rappelle avec insistance : « La Constitution est sans équivoque : le Président Félix Tshisekedi exerce présentement son second et dernier mandat, qui s’achève en 2028. » Et d’ajouter, en guise d’avertissement : « Tout dialogue qui servirait de prétexte à la prorogation du mandat en cours ou à la préparation d’un troisième mandat est, par avance, voué à l’échec. »
Soutien aux médiations africaines
En conclusion, la déclaration renouvelle le soutien du parti aux efforts de médiation du Président angolais João Lourenço et de l’Union africaine, pilotée par le Président togolais Faure Gnassingbé, pour une solution politique aux crises dans la région des Grands Lacs.
Cette prise de position ferme de l’Ensemble pour la République cristallise les blocages politiques persistants en RDC et pose un défi de taille à l’initiative de dialogue présidentielle. Elle laisse entrevoir un climat politique tendu à l’approche de la fin du deuxième et, selon l’opposition, dernier mandat de Félix Tshisekedi.



