Accueil / Politique / Depuis sa détention, Constant Mutamba adresse un plaidoyer pour un dialogue « sincère » et dénonce l’oppression

Depuis sa détention, Constant Mutamba adresse un plaidoyer pour un dialogue « sincère » et dénonce l’oppression

Constant Mutamba, chef de file de l’opposition républicaine en République Démocratique du Congo (RDC), a publié une série de messages depuis sa cellule. Dans ces textes, il appelle à un dialogue national « sincère », dénonce les violences politiques et réaffirme son engagement pour la paix, tout en condamnant fermement toute forme de prise de pouvoir par les armes.

Dans un courrier daté du 5 février 2026 et adressé « aux peuples congolais et peuples d’Afrique », Mutamba rappelle qu’il est détenu depuis 154 jours pour avoir « dit NON au système mafieux et à l’oppression rwandaise » dont serait victime son pays. Malgré cette incarcération, qu’il présente comme arbitraire, il affirme ne pas céder à la vengeance ni à la violence.

« Privé de mes droits civils et politiques, humilié, sali, torturé moralement et physiquement, je n’ai jamais songé à prendre les armes ou à fuir le pays », écrit-il. Il en appelle plutôt à une résistance « spirituelle » et pacifique, citant en exemple des figures comme Fayulu Kabuni et Musto.

Dialogue national : des préalables clairs

Mutamba se dit ouvert au dialogue national annoncé par le chef de l’État, à condition que celui-ci ne soit pas « un cadre de partage de pouvoir » ni une « blanchisserie » pour ceux qui ont « pris les armes pour tuer nos concitoyens et piller nos ressources naturelles ».

Il formule trois préalables pour sa participation :

  1. Des mesures de décrispation politique en faveur des opposants non armés victimes d’arrestations arbitraires.
  2. Des garanties de sécurité pour le retour des exilés politiques.
  3. Des garanties de sincérité et de bonne foi de la part du pouvoir.

Une lutte qui dépasse les frontières

Mutamba se présente comme « l’un des opposants les plus brimés, opprimés par le système en place ». Pourtant, il estime que sa lutte « noble » a désormais une portée internationale. Il remercie notamment le chanteur Tiken Jah Fakoly, dont la chanson « Mutamba » a, selon lui, donné une résonance mondiale à son combat.

« Preuve que notre lutte traverse les frontières, les peuples, les cultures… », écrit-il, en ajoutant : « Nous n’aimons pas le démon de l’abandonnement, ni de la trahison, jusqu’au triomphe de la justice, de la liberté et de l’égalité. »

Contexte tendu

Ces déclarations interviennent dans un climat politique extrêmement tendu en RDC, marqué par une guerre à l’est du pays et des tensions persistantes entre pouvoir et opposition. Mutamba en appelle à la « cohésion nationale » tout en dénonçant ce qu’il nomme une « guerre d’agression et d’occupation étrangère ».

Sa lettre, à la fois message de résistance et appel au dialogue, révèle les fractures profondes qui traversent le pays, mais aussi la volonté d’une partie de l’opposition de maintenir un cap non violent, malgré la répression.

Par Coco Kingson Cabamba

Laisser un commentaire