
Une opération militaire de grande envergure menée par les éléments de l’Alliance des Forces du Changement (AFC) a semé la stupeur tôt ce matin dans la capitale provinciale du Sud-Kivu. Dès 5 heures, plusieurs centaines de jeunes, dont des mineurs, ont été arrêtés dans le quartier Nyalukemba, notamment sur les avenues Irambo, Albert Kayabu et Bya’ene, selon des témoignages concordants recueillis auprès d’organisations de défense des droits humains et de la société civile locale.
Les jeunes interpellés ont été conduits manu militari au camp Saio, principal centre militaire de la ville. Aucun motif officiel n’a été communiqué par les autorités de l’AFC, laissant planer un voile d’incertitude sur le sort de ces civils. Plusieurs sources estiment qu’il pourrait s’agir soit d’un recrutement forcé en vue d’intégrer les rangs de ce mouvement armé, soit d’une stratégie de répression visant à intimider la jeunesse et à étouffer toute contestation.
Des juristes et défenseurs des droits humains dénoncent des atteintes graves aux conventions internationales ratifiées par la République démocratique du Congo.
Ces arrestations massives violent notamment :
- le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication des enfants dans les conflits armés ;
- les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels, en particulier l’article 77 du Protocole I et l’article 4 du Protocole II ;
- ainsi que l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui qualifie le recrutement forcé d’enfants comme un crime de guerre.
À Bukavu, l’ambiance est lourde et marquée par une peur généralisée. Des familles entières s’inquiètent de l’absence de nouvelles de leurs enfants, emmenés sans explications. « Nos frères ont été pris comme des criminels, en pleine nuit. On ne sait pas s’ils reviendront vivants », confie sous anonymat un habitant de Nyalukemba.
Cette opération survient dans un contexte sécuritaire déjà fragile, où la population civile vit au rythme des violences armées et des déplacements forcés.
Des informations de dernière minute font état du transfert progressif de ces jeunes vers le camp militaire de Rumangabo, dans la province voisine du Nord-Kivu. Sur place, ils pourraient être soumis à une formation militaire forcée, ce qui confirmerait les soupçons de recrutement illégal.
La société civile du Sud-Kivu appelle à l’intervention immédiate des organisations internationales et de la communauté diplomatique pour exiger la libération sans condition des personnes arrêtées. Elle insiste sur la nécessité de protéger les mineurs, particulièrement vulnérables dans ce type de situation.
Par Coco Kingson Cabamba
Vous pouvez aussi suivre le temoignage d’un policier congolais capturé par les terroristes du M23 lors de la prise de la ville de Bukavu sur notre chaine youtube 👍👍👍👍👍👍👍👍👍


