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Disparition forcée en RDC : le coordonnateur de la Fondation Kabila enlevé par des hommes armés

 La Fondation Mzee Laurent Désiré Kabila pour la Paix, l’Unité et le Développement a rendu public, ce jeudi 22 janvier 2026, un communiqué dénonçant l’enlèvement et la disparition forcée de son coordonnateur, Monsieur Feruzi Kalume Nyembwe. Les faits remontent à la veille, mercredi 21 janvier, en plein jour dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa.

Selon le communiqué publié par la Fondation, M. Nyembwe a été intercepté entre 14h00 et 15h00 sur « la route de l’Okapi », près de l’ancien Hôtel Okapi. Des témoins présents sur les lieux auraient vu des individus armés, vêtus en civil, arriver au volant d’un véhicule décrit comme un Toyota Land Cruiser pick-up de couleur blanche.

Ces hommes se seraient présentés comme étant des « agents des services de renseignement de la Présidence de la République ». Ils ont ensuite procédé à l’enlèvement de M. Nyembwe, sans présenter de mandat ni de convocation légale préalable. Plus de vingt-quatre heures après les faits, ni sa famille ni sa fondation n’ont reçu d’information officielle sur son lieu de détention ou les motifs de son interpellation.

La Fondation souligne avec une inquiétude particulière l’état de santé précaire de M. Nyembwe. Ce dernier est un survivant d’un Accident vasculaire cérébral (AVC) et fait l’objet d’une surveillance médicale permanente pour prévenir un second AVC, qui pourrait être mortel. Il présente une déficience physique visible due à une paralysie partielle.

« Il était d’ailleurs en route pour son rendez-vous avec son médecin traitant quand il a été enlevé », précise le communiqué, signé par la présidente de la Fondation, Jaynet D. Kabila. Cet élément accentue les craintes pour son intégrité physique et sa vie.

Dans son communiqué, la Fondation Mzee Laurent Désiré Kabila « dénonce et condamne cet acte barbare, inhumain et dégradant ». Elle fustige des services de sécurité qui, selon elle, « sont sensés veiller scrupuleusement au respect strict des garanties fondamentales énoncées dans la Constitution », notamment les articles 16, 17 et 18 relatifs aux droits à la vie, à l’intégrité physique et à la liberté individuelle, « dont ils sont devenus les premiers violeurs éternels ».

Face à cette situation, la Fondation exige :

  1. La divulgation immédiate du lieu de détention de M. Nyembwe et l’identification des services qui le détiennent.
  2. Sa libération inconditionnelle.
  3. À défaut, l’accès immédiat à ses avocats et sa présentation sans délai devant l’autorité judiciaire compétente, conformément à la loi.

La Fondation engage « la responsabilité des services de sécurité de l’État et de leurs animateurs individuels concernant cet enlèvement et disparition forcés ».

Cet événement survient dans un contexte récurrent de dénonciations par des organisations de défense des droits de l’homme en RDC concernant des arrestations arbitraires et des disparitions forcées imputées aux services de sécurité. L’absence de procédure légale visible et la méthode employée (interpellation par des hommes en civil dans un véhicule non officiel) soulèvent de graves questions sur le respect de l’État de droit.

À l’heure de la publication de cet article, aucune autorité gouvernementale ou de sécurité congolaise n’a réagi publiquement à ces allégations. L’opinion publique nationale et la communauté internationale suivront probablement avec attention les développements de cette affaire, notamment la réponse des autorités aux exigences formulées.

La rédaction

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