
Fidèle à son ton provocateur, l’ancien président américain Donald Trump a une nouvelle fois suscité la controverse à la tribune des Nations Unies. Lors d’une intervention très attendue ce lundi, il a qualifié le changement climatique de « plus grande arnaque jamais menée contre le monde », remettant frontalement en cause le consensus scientifique international.
S’exprimant devant un parterre de chefs d’État et de diplomates, M. Trump a affirmé que les politiques climatiques portées par l’ONU et plusieurs grandes puissances « ne sont rien d’autre qu’un complot mondial visant à contrôler les économies et restreindre les libertés individuelles ». Selon lui, les investissements massifs dans les énergies renouvelables « profitent uniquement à une élite », au détriment de « travailleurs ordinaires qui paient le prix fort ».
Cette sortie, applaudie par certains partisans présents dans la salle, a immédiatement provoqué des réactions indignées parmi plusieurs délégations, notamment européennes et africaines, qui ont dénoncé un discours « dangereux et irresponsable ».
Donald Trump n’en est pas à sa première attaque contre la lutte climatique. Déjà durant sa présidence (2017-2021), il avait retiré les États-Unis de l’Accord de Paris, avant que son successeur Joe Biden n’y réintègre le pays. L’ancien président a toujours privilégié une politique axée sur l’exploitation des énergies fossiles, arguant que « le charbon, le pétrole et le gaz » étaient indispensables à la prospérité américaine.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a pas tardé à répondre, rappelant que « le dérèglement climatique n’est pas une opinion mais une réalité scientifique, confirmée par des données irréfutables ». De son côté, l’Union européenne a réaffirmé son engagement à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, malgré « les discours négationnistes ».
Dans plusieurs capitales, des ONG environnementales ont également dénoncé une prise de parole « dangereuse », susceptible d’alimenter le scepticisme climatique dans un contexte où les catastrophes naturelles se multiplient à travers le monde.
Pour certains analystes, cette intervention s’inscrit dans une stratégie électorale bien rodée. Alors que Donald Trump continue de nourrir ses ambitions politiques, son discours s’adresse en priorité à sa base électorale, sensible aux thématiques de souveraineté énergétique et de rejet des « élites mondiales ».
Reste que sa déclaration à l’ONU risque de creuser davantage le fossé entre les partisans et les opposants aux politiques climatiques, à un moment où la planète connaît une succession d’événements extrêmes – vagues de chaleur, incendies, inondations – que les experts attribuent directement au réchauffement global.



