
Alors que le procès de l’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala s’est ouvert devant la Cour d’assises de Paris dans le cadre d’une procédure pour crimes contre l’humanité, une vague de rumeurs s’est emparée des réseaux sociaux congolais, évoquant une prétendue citation des noms de Jean-Pierre Bemba Gombo et du général Constant Ndima dans le dossier. Une information formellement démentie par l’avocat du Vice-Premier ministre en charge de Transport et voies de communications, Jean-Pierre Bemba.
Selon la mise au point transmise à la presse, aucune pièce du dossier instruit par la Cour d’assises de Paris ne mentionne les noms de Jean-Pierre Bemba Gombo ni de Constant Ndima.
L’avocat-conseil du VPM, après consultation directe des documents judiciaires, précise que « les éléments constitutifs de la procédure — y compris la liste des prévenus, témoins, pièces à conviction, expertises et réquisitions — ne comportent aucune référence à ces deux personnalités ».
Des sources concordantes au sein du tribunal français, notamment le greffier de la Cour d’assises, confirment cette information. De même, Maîtres Hugues Vigier et Marie Dosé, avocats français de Roger Lumbala, se sont dits « très étonnés » de la circulation, sur les réseaux congolais, d’accusations infondées.
Selon eux, « ces allégations visent à intoxiquer l’opinion publique congolaise et constituent une manipulation orchestrée pour des raisons politiques ».
L’avocat du VPM rappelle également le rôle essentiel du greffier dans la procédure judiciaire française :
celui-ci prépare les audiences, retranscrit fidèlement les déclarations, veille au respect des délais et à la conformité des actes.
Autrement dit, aucune surprise de dernière minute n’est possible dans un dossier aussi sensible : « tout est consigné et validé bien avant l’ouverture du procès », souligne-t-il.
Le procès de Roger Lumbala, 67 ans, s’inscrit dans le cadre de la compétence universelle reconnue à la justice française.
Ce principe juridique permet à la France de juger des crimes contre l’humanité commis hors de son territoire, à condition que l’accusé réside en France ou y dispose de liens familiaux — ce qui est le cas de Roger Lumbala.
Les faits reprochés remontent aux années 2002-2003, à l’Est de la République démocratique du Congo, période durant laquelle Lumbala dirigeait le Rassemblement des Congolais démocrates-National (RCD-N), un mouvement rebelle soutenu par l’Ouganda.
La première audience, tenue mercredi à Paris, a été marquée par un rebondissement inattendu : Roger Lumbala a brusquement récusé ses avocats français, Maîtres Hugues Vigier et Marie Dosé, refusant de comparaître devant la Cour.
Un geste qui a surpris l’ensemble des acteurs judiciaires.
Le prévenu estime ne pas avoir à répondre devant une juridiction étrangère pour des faits commis en RDC : « Je n’ai rien à faire ici », aurait-il lancé à la barre, remettant en cause la légitimité du procès.
Malgré cette tension, le débat juridique sur la compétence universelle s’est poursuivi dans une atmosphère studieuse, opposant les avocats de la défense à ceux des parties civiles dans un échange qualifié de « pédagogique et rigoureux » par des observateurs présents.
En conclusion, l’avocat du Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba met en garde contre la désinformation orchestrée sur les réseaux sociaux.
Il appelle les médias et le public congolais à « vérifier les sources avant de relayer des propos de nature à nuire à la réputation de personnalités non concernées par la procédure ».
« Ni Jean-Pierre Bemba, ni Constant Ndima n’ont été cités, de près ou de loin, dans cette affaire. Toute autre affirmation relève de la pure intoxication politique. »
Rédaction : Victorianews



