
Plusieurs Congolais ont été expulsés, dimanche 26 octobre 2025, du territoire angolais dans ce que la Coordination de l’hygiène et de la santé aux frontières (CHSF) qualifie de « conditions inhumaines ». Selon cette structure, ces opérations se déroulent sans respect de la dignité humaine, ni des normes sanitaires et humanitaires.
« Ces personnes sont reconduites sans préavis ni assistance, entassées dans des camions surchargés, sans eau potable ni soins médicaux », a déploré la CHSF auprès de l’Agence Congolaise de Presse (ACP).
Les autorités congolaises locales signalent une augmentation des refoulements observés depuis plusieurs semaines aux postes frontaliers du Kongo-Central et du Kasaï. Des familles entières, y compris des femmes enceintes et des enfants, sont renvoyées en RDC sans préparation ni prise en charge.
Les premiers témoignages évoquent des conditions de voyage précaires, certaines personnes ayant parcouru des centaines de kilomètres à bord de camions fermés, exposées à la chaleur et à la déshydratation.
La CHSF alerte également sur le risque accru d’importation de maladies, notamment dans un contexte où la RDC fait déjà face à une épidémie de choléra ayant touché plus de 58 000 cas suspects en neuf mois.
Les points de contrôle sanitaire sont débordés :
« Aux frontières, il est difficile de différencier les peuples établis de part et d’autre. Les mouvements massifs rendent le contrôle sanitaire quasi impossible », explique un responsable de la CHSF basé à Lufu.
Cette situation intervient alors que le président Félix-Antoine Tshisekedi a, à plusieurs reprises, salué la coopération fraternelle avec son homologue angolais João Lourenço, particulièrement dans la recherche de la paix à l’Est de la RDC.
Cependant, ces expulsions massives risquent de raviver les tensions et d’appeler à un dialogue bilatéral urgent entre Kinshasa et Luanda pour mieux encadrer la circulation des populations frontalières.
Face à l’urgence, la CHSF plaide pour une intervention rapide des autorités congolaises et des partenaires humanitaires, notamment pour installer des centres d’accueil temporaires, assurer l’assistance médicale et la distribution d’eau potable aux refoulés.
La situation reste évolutive sur le terrain, et plusieurs organisations locales appellent à une enquête conjointe RDC–Angola pour établir les responsabilités et prévenir de nouvelles violations des droits humains.

