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Filippo Grandi alerte sur la détresse des retournés de guerre à Masisi

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, s’est rendu ce vendredi à Kimoka, une localité du territoire de Masisi (Nord-Kivu), où vivent des centaines de familles congolaises contraintes de retourner chez elles après avoir été expulsées des sites de déplacés autour de Goma. Ces communautés, déjà fragilisées par des années de conflit, se retrouvent aujourd’hui dans une situation humanitaire alarmante.

Selon les témoignages recueillis sur place, les familles vivent dans des conditions de grande précarité, sans abris décents, sans accès suffisant à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé. Beaucoup d’entre elles ont fui les violences liées à la progression du M23, qui a récemment pris le contrôle de plusieurs localités stratégiques, dont la ville de Goma, forçant ainsi des vagues massives de déplacements et de retours forcés.

« J’ai vu des enfants dormir à même le sol, des mères sans moyens de nourrir leurs familles et des personnes âgées privées de soins médicaux. C’est une urgence humanitaire qui nécessite une réponse immédiate », a déclaré Filippo Grandi devant la presse locale et internationale.

Une population abandonnée à elle-même

Les retournés de Kimoka affirment n’avoir reçu aucune assistance durable depuis leur expulsion des sites de Goma. La majorité d’entre eux a perdu ses maisons, ses terres ou ses moyens de subsistance à cause du conflit. Aujourd’hui, ils dépendent de la solidarité communautaire et de maigres aides ponctuelles d’organisations locales, insuffisantes face à l’ampleur de leurs besoins.

Marie, mère de cinq enfants, raconte : « Nous avons fui à Goma quand les combats ont commencé près de chez nous. Là-bas, au moins, nous pouvions recevoir un peu de nourriture. Mais quand on nous a forcés à partir, nous sommes revenus ici sans rien. Les enfants tombent malades, et nous n’avons pas d’eau propre ».

L’appel pressant du HCR

Face à cette réalité, le Haut-Commissaire de l’ONU pour les réfugiés a appelé la communauté internationale, le gouvernement congolais et les acteurs humanitaires à redoubler d’efforts pour apporter une assistance urgente.

« Ces familles ne doivent pas être les oubliées du conflit. Il est de notre responsabilité collective de leur apporter protection, dignité et espoir », a insisté Grandi.

Le HCR prévoit de renforcer sa présence dans le territoire de Masisi, en collaboration avec d’autres agences humanitaires, afin de fournir une aide d’urgence : abris temporaires, vivres, kits de première nécessité, accès à l’eau et aux soins de santé.

Un contexte sécuritaire fragile

La visite de Filippo Grandi intervient dans un contexte marqué par une intensification des combats dans le Nord-Kivu, où les affrontements entre le M23 et les forces loyalistes congolaises, soutenues par des groupes armés locaux, continuent de provoquer des déplacements massifs de populations.

Selon les chiffres récents des Nations Unies, plus de 7 millions de personnes sont actuellement déplacées internes en République Démocratique du Congo, dont une majorité concentrée dans l’Est du pays.

Un appel à la solidarité internationale

Alors que le conflit se prolonge et que la situation humanitaire s’aggrave, l’appel du Haut-Commissaire résonne comme un cri d’alarme pour éviter une nouvelle catastrophe humanitaire.

« Nous ne pouvons pas laisser ces familles sombrer dans l’oubli. Leurs vies, leur avenir et celui de leurs enfants dépendent de l’aide que nous leur apporterons aujourd’hui », a conclu Filippo Grandi, avant de quitter Kimoka.

Coco Kingson Cabamba

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