
Escorté par un important dispositif policier, l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, a quitté la prison de la Santé ce lundi après-midi, vingt jours après son incarcération. La Cour d’appel de Paris a finalement accédé à sa demande de mise en liberté conditionnelle dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
Vers 15h30, une escorte de plusieurs véhicules de police a quitté l’établissement pénitentiaire du 14ᵉ arrondissement de Paris. À bord, Nicolas Sarkozy, visiblement fatigué mais calme, n’a fait aucune déclaration à la presse. Son avocat, Me Thierry Herzog, a confirmé la décision de la Cour d’appel, saluant « une victoire du droit et de la justice ».
Selon les informations obtenues auprès du parquet national financier (PNF), la mise en liberté de l’ancien chef de l’État est assortie de plusieurs conditions strictes, notamment l’interdiction d’entrer en contact avec certains témoins et protagonistes du dossier, ainsi que l’obligation de remettre son passeport aux autorités judiciaires.
Incarcéré depuis le 22 octobre, Nicolas Sarkozy était poursuivi pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds étrangers dans le dossier dit du « financement libyen ». Selon l’accusation, l’ancien président aurait reçu des millions d’euros en provenance du régime de Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007.
Depuis le début de l’affaire, Nicolas Sarkozy nie catégoriquement les faits. Dans un communiqué transmis par son entourage, il affirme :
« Je suis soulagé de retrouver ma liberté. Je continuerai à me battre pour laver mon honneur et faire éclater la vérité. »
La décision de la Cour d’appel ne met pas fin aux poursuites. Le procès en appel, qui devait initialement s’ouvrir en décembre, pourrait être reporté au début de l’année 2026, selon une source proche du dossier.
Le parquet national financier, de son côté, a rappelé que « la mise en liberté ne préjuge en rien de la culpabilité ou de l’innocence de l’intéressé ».
Cette affaire, l’une des plus sensibles de la Ve République, continue de peser lourdement sur l’image de l’ancien chef de l’État, toujours influent dans la droite française. Plusieurs anciens collaborateurs, dont Claude Guéant et Brice Hortefeux, restent mis en examen.
La libération de Nicolas Sarkozy suscite déjà des réactions contrastées.
Sur le plateau de BFM TV, un proche de l’ancien président a salué une « décision humaine et juste », tandis que certains élus de gauche dénoncent une « justice à deux vitesses ».



