
La condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique congolaise. Parmi les voix qui s’élèvent contre cette décision figure celle de Francine Muyumba, ancienne sénatrice, qui plaide pour une démarche de réconciliation plutôt que des procès qu’elle qualifie de « spectacles » politiques.
« Le Congo n’a pas besoin de procès-spectacle mais de réconciliation, de paix et de stabilité », a déclaré Mme Muyumba dans une sortie publique ce mardi. Pour elle, la condamnation de l’ancien chef de l’État n’est pas seulement une erreur de procédure, mais une dérive grave qui menace la cohésion nationale. « La paix et la stabilité ne se construisent pas dans la haine ni dans les procès politiques », a-t-elle martelé.
L’ancienne sénatrice estime que ce verdict ne fait qu’exacerber les divisions politiques et sociales dans un pays déjà fragilisé par des décennies de conflits armés, de tensions communautaires et de rivalités politiques. « Au lieu de réconcilier les Congolais, ce type de procès creuse davantage le fossé et fragilise nos institutions », a-t-elle poursuivi.
Francine Muyumba appelle les acteurs politiques et judiciaires à prendre de la hauteur et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Elle insiste sur le fait que la stabilité et la paix sociale ne peuvent être garanties que par un dialogue inclusif, le pardon et une vision de réconciliation nationale.
La condamnation de Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, a plongé la scène politique dans un climat explosif. Certains voient dans ce jugement une avancée dans la lutte contre l’impunité et la corruption, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Pour Francine Muyumba, la priorité doit rester la reconstruction du tissu social et la consolidation des acquis démocratiques. Elle appelle les Congolais à la vigilance afin de ne pas laisser la haine et les règlements de comptes prendre le dessus sur l’unité nationale.
La sortie de l’ancienne sénatrice illustre une inquiétude croissante : celle de voir la RDC s’enliser dans des querelles politiques internes au moment où les défis sécuritaires et socio-économiques demeurent immenses. Alors que le pays tente de relever la tête face à des crises multiples – à l’Est, dans l’économie et sur la scène internationale – la question de la réconciliation nationale semble plus urgente que jamais.



