
La candidature de la République démocratique du Congo (RDC) au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été officiellement préconisée en perspective du prochain sommet de l’organisation. Cette proposition émane du Délégué général à la Francophonie, qui estime que la RDC dispose de profils compétents capables de rivaliser avec la candidate soutenue par le Rwanda, pays qualifié d’agresseur par les autorités congolaises, selon un communiqué consulté mercredi par l’Agence congolaise de presse (ACP).
S’exprimant dans ce document, Mabiala Ma-Umba, Délégué général à la Francophonie, a souligné la nécessité pour l’État congolais de traduire cette ambition en actes concrets. « La RDC compte des compatriotes capables de challenger la Rwandaise Louise Mushikiwabo, mais encore faut-il que l’État congolais, en tant que membre de l’OIF, présente officiellement un candidat et mène une campagne active auprès des Chefs d’État et de gouvernement. Ce sont eux qui élisent le Secrétaire général de la Francophonie », a-t-il déclaré.
Un enjeu diplomatique majeur pour la RDC
Cette prise de position intervient dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, notamment autour de la situation sécuritaire à l’Est du pays. Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse le simple cadre institutionnel de la Francophonie : il s’agit également d’un combat d’influence diplomatique au sein d’un espace multilatéral stratégique regroupant plus de 80 États et gouvernements.
La RDC, pays francophone majeur par sa population et son poids culturel, ambitionne depuis plusieurs années de renforcer sa visibilité et son leadership au sein des organisations internationales. Une candidature congolaise au secrétariat général de l’OIF serait ainsi perçue comme une affirmation de son rôle central dans l’espace francophone, mais aussi comme une réponse politique face à ce que les autorités congolaises considèrent comme des agressions répétées du Rwanda.
La nécessité d’une stratégie concertée
Selon les observateurs, la réussite d’une telle démarche dépendra largement de la volonté politique des autorités congolaises et de leur capacité à structurer une campagne diplomatique soutenue. Celle-ci impliquerait des consultations bilatérales intensives, la mobilisation du réseau diplomatique congolais et un plaidoyer constant auprès des Chefs d’État et de gouvernement membres de l’OIF, seuls habilités à élire le Secrétaire général lors du sommet.
En appelant à l’anticipation et à l’engagement de l’État congolais, le Délégué général à la Francophonie place le débat au cœur des priorités diplomatiques nationales. Reste désormais à savoir si Kinshasa saisira cette opportunité pour transformer cette recommandation en une candidature officielle, susceptible de redéfinir les équilibres au sein de la Francophonie internationale.



