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Frappe ciblée à Masisi : Willy Ngoma et le Colonel Gacheri parmi les victimes

Plusieurs sources sécuritaires et locales rapportent la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, survenue ce mardi à la suite d’une attaque de drone menée à proximité de la mine de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu. À l’heure où nous publions, aucune communication officielle n’a encore été faite ni par l’AFC/M23 ni par les autorités de Kinshasa pour confirmer ou infirmer formellement l’information.

Une frappe ciblée près d’un site stratégique

Selon des témoignages recueillis sur place, la frappe aurait visé un convoi circulant dans les environs immédiats de la zone minière de Rubaya, territoire de Masisi. Cette localité, riche en coltan et autres minerais stratégiques, constitue depuis plusieurs années un point névralgique des affrontements opposant les forces gouvernementales aux rebelles du M23.

Des sources locales indiquent que Willy Ngoma aurait été aperçu quelques secondes avant l’explosion aux côtés d’autres cadres rebelles. La frappe aurait causé plusieurs pertes au sein du convoi.

Le colonel Gacheri également tué ?

Toujours selon ces sources, le colonel Gacheri, présenté comme le frère aîné de Bahati Musanga Erasto, gouverneur rebelle autoproclamé du Nord-Kivu sous l’administration parallèle de l’AFC/M23, aurait péri dans la même attaque. Là encore, aucune confirmation indépendante n’a pu être obtenue dans l’immédiat.

Une figure médiatique du conflit

Willy Ngoma s’était imposé, au fil de la dernière décennie, comme l’un des visages les plus médiatiques du mouvement rebelle. En tant que porte-parole militaire de l’AFC/M23, il intervenait régulièrement dans les médias nationaux et internationaux pour défendre les positions du groupe armé, accusé par Kinshasa d’être soutenu par le Rwanda — des accusations que Kigali a toujours niées.

Son rôle de communicant stratégique faisait de lui un acteur central de la guerre de l’information autour du conflit dans l’est de la RDC. Ses déclarations, souvent offensives à l’égard des autorités congolaises et de leurs alliés, contribuaient à structurer la narration du mouvement rebelle sur les opérations militaires en cours.

Un tournant dans la dynamique du conflit ?

Si la mort de Willy Ngoma venait à être confirmée, elle constituerait un coup dur pour la communication et la structuration politico-militaire de l’AFC/M23. Elle pourrait également marquer une évolution dans les méthodes d’engagement, avec un recours accru aux frappes ciblées par drones dans cette zone à forte intensité opérationnelle.

La région de Masisi demeure l’un des principaux théâtres d’affrontements entre les forces armées congolaises, appuyées par des groupes d’autodéfense dits Wazalendo, et les éléments du M23. Ces derniers contrôlent plusieurs axes stratégiques et zones minières du Nord-Kivu.

Attente de confirmation officielle

Dans un contexte marqué par une guerre hybride mêlant opérations militaires et communication stratégique, la prudence reste de mise. Les autorités congolaises comme les responsables de l’AFC/M23 devraient s’exprimer dans les prochaines heures pour clarifier la situation.

Notre rédaction suit l’évolution de ce dossier et actualisera cet article dès confirmation officielle des faits.

Par Coco Kingson Cabamba

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