
En marge de la 60ᵉ session du Conseil des Nations Unies des droits de l’homme, la République Démocratique du Congo (RDC), en partenariat avec le Forum National des Réfugiés et Victimes (FONREV), a organisé ce lundi une importante séance de plaidoyer. Le thème choisi : « Trente ans de conflits armés en RDC : appel à la reconnaissance des génocides oubliés ou ignorés, à la vérité et à la justice ».
Au cœur de cette rencontre, les autorités congolaises et les organisations de la société civile ont dressé un tableau sombre mais lucide de trois décennies de violences armées qui ont meurtri l’Est du pays. Massacres à grande échelle, déplacements forcés de populations, violences sexuelles utilisées comme arme de guerre : autant de réalités qui, selon Kinshasa et le FONREV, portent les caractéristiques d’un génocide passé sous silence par la communauté internationale.
Le message principal est clair : la RDC demande que ces atrocités soient reconnues au même titre que d’autres génocides dans le monde, afin de rendre justice aux millions de victimes directes et indirectes.
La séance de plaidoyer a rassemblé diplomates, juristes internationaux, représentants d’ONG, ainsi que des survivants venus témoigner. Les interventions ont rappelé que, depuis 1996, la succession de guerres et de rébellions dans la région des Grands Lacs a coûté la vie à plusieurs millions de Congolais.
Les organisateurs ont souligné l’urgence de créer un mécanisme judiciaire international ou hybride (national et international) afin de documenter, qualifier juridiquement et sanctionner ces crimes. L’absence de reconnaissance officielle, selon eux, perpétue l’impunité et empêche un véritable processus de réconciliation nationale.
Le slogan choisi pour cet événement, « Pour ne pas oublier, ne jamais répéter, commencer à guérir », traduit la philosophie derrière ce plaidoyer.
- Ne pas oublier : car le silence équivaut à une deuxième mort pour les victimes.
- Ne jamais répéter : car sans reconnaissance et justice, les cycles de violences risquent de se perpétuer.
- Commencer à guérir : car la reconstruction du pays passe par une mémoire assumée et un soutien psychologique, social et économique aux rescapés.
Si la RDC insiste sur la reconnaissance du génocide dont elle estime avoir été victime, les débats autour de cette question restent sensibles sur le plan diplomatique. Certains États membres de l’ONU redoutent que cette reconnaissance n’entraîne des tensions régionales, notamment avec les pays voisins accusés à plusieurs reprises d’ingérence dans l’Est congolais.
Cependant, des voix s’élèvent au sein de la communauté internationale pour soutenir le « devoir de mémoire congolais », estimant qu’il constitue une étape indispensable pour bâtir une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Par Coco Kingson Cabamba



