
La polémique enfle après les propos tenus par le ministre rwandais des Affaires étrangères, qui a qualifié de « stupidité » la demande de la République démocratique du Congo (RDC) de voir reconnaître le génocide congolais. Cette sortie, jugée méprisante, a suscité une vague d’indignation au sein de la classe politique congolaise. Parmi les réactions les plus marquantes figure celle de Germain Kambinga, ancien ministre et acteur politique congolais, qui dénonce une « insulte à la mémoire des victimes ».
Dans une déclaration ferme, Germain Kambinga estime que ces propos ne se limitent pas à une maladresse diplomatique mais traduisent une stratégie politique délibérée :
« Lorsque le ministre rwandais des Affaires étrangères ose qualifier de ‘stupidité’ le génocide congolais, il ne nie pas seulement les faits. Il piétine la mémoire de millions de morts. Il insulte les femmes violées, les enfants enrôlés, les villages rasés, les familles brisées à jamais. »
L’ancien ministre souligne que le rapport Mapping des Nations Unies, publié en 2010, documente plus de 600 incidents graves pouvant être qualifiés de crimes contre l’humanité, voire de crimes de génocide, sans que des poursuites judiciaires internationales n’aient été engagées.
Pour Germain Kambinga, l’inaction de la communauté internationale face aux violences à l’Est de la RDC constitue « l’un des plus grands scandales géopolitiques de notre temps ». Selon lui, le Rwanda, accusé de soutenir divers groupes armés, bénéficie d’une protection de la part de certains États, ce qui contribue à l’impunité.
« La RDC n’est pas victime de l’oubli. Elle est victime d’un système international complice. »
Dans sa déclaration, Kambinga exhorte la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête approfondie sur les crimes commis en RDC et à établir les responsabilités extérieures. Il appelle également l’Union africaine à sortir de son « silence complice » et la communauté internationale à cesser de présenter le Rwanda comme un modèle de stabilité en Afrique.
L’acteur politique insiste que ce combat ne relève pas d’un esprit de vengeance mais d’une exigence morale et historique :
« Nos morts ne seront pas négociés dans des salons diplomatiques. Le peuple congolais se battra pour que justice soit faite. »
Ces déclarations interviennent dans un climat déjà tendu entre Kinshasa et Kigali, marqué par des accusations récurrentes de soutien du Rwanda aux rebelles du M23 et d’ingérence militaire dans l’Est congolais. Alors que la RDC continue de plaider pour la reconnaissance des crimes subis par son peuple, les propos du ministre rwandais risquent d’envenimer davantage les relations bilatérales.
Par Coco Kingson Cabamba



