
De violents affrontements ont éclaté tôt ce mercredi 15 octobre dans plusieurs zones du Nord et du Sud-Kivu, plongeant une fois de plus l’Est de la République Démocratique du Congo dans une spirale d’insécurité et de souffrances pour les civils. Selon des sources concordantes sur place, les combats les plus intenses ont été signalés dans le groupement de Bukombo, en territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu.
Bukombo : les combats se poursuivent depuis l’aube
Dès 6 heures du matin (heure de Goma), des affrontements d’une rare intensité ont opposé les rebelles du M23/AFC aux groupes d’autodéfense Wazalendo du CMC, dirigés par le général autoproclamé Dominique Ndaruhutse, dans plusieurs villages de la chefferie de Bwito, notamment à Mudugugu, Bunkuba, Bushobyo et Mashango.
Des témoins locaux rapportent que les rebelles du M23/AFC ont réquisitionné de force plusieurs jeunes hommes dans la cité de Kitchanga pour transporter du matériel de guerre vers la zone de Bukombo. L’objectif : renforcer leurs positions face à la contre-offensive des Wazalendo. Vers 11h18, heure locale, les combats se poursuivaient, tandis que les populations tentaient de fuir les zones d’affrontement dans des conditions extrêmement précaires.
Frappes aériennes de l’armée congolaise à Twangiza
Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 octobre, l’armée de l’air des Forces Armées de la RDC (FARDC) a mené des frappes ciblées sur l’usine d’extraction d’or de Twangiza Mining, en territoire de Mwenga, province du Sud-Kivu.
Selon des sources sécuritaires, cette usine serait illégalement exploitée par des groupes armés alliés au M23/AFC. Les frappes ont principalement visé les containers de la société Aggreko, qui alimentait le site en électricité.
Pris de panique, les rebelles ont regroupé les ouvriers dans un même lieu avant de fermer temporairement le site. Plusieurs analystes estiment qu’il s’agit d’une stratégie visant à utiliser les civils comme boucliers humains face à d’éventuelles nouvelles frappes des FARDC.
Nouvelles attaques à Kalehe
Toujours au Sud-Kivu, les rebelles du M23/AFC ont lancé dans la matinée du mercredi plusieurs attaques contre les positions des FARDC et des Wazalendo dans les localités de Katasomwa et Kasake.
D’après les informations recueillies par des sources locales, l’objectif des assaillants serait de progresser vers la localité stratégique de Bunyakiri, riche en ressources aurifères et située dans le territoire de Kalehe.
Masisi : des combats meurtriers à Malmo
Dans le territoire voisin de Masisi, au Nord-Kivu, de nouveaux affrontements sanglants ont éclaté ce mercredi entre le M23/AFC et les Wazalendo, cette fois dans la localité de Malmo, en chefferie de Bashali Mokoto.
Selon les informations rapportées par nos confrères de Tazama RDC, les combats ont été d’une violence extrême. Un chef Wazalendo, blessé au front, a succombé à ses blessures à l’hôpital de référence de Mweso. Les affrontements ont provoqué d’importants déplacements de population, alors que des familles entières fuyaient vers des zones plus sûres, souvent sans assistance humanitaire.
Un front instable et une crise humanitaire qui s’aggrave
Ces nouvelles flambées de violence illustrent la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, malgré les efforts diplomatiques récents et la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu entre Kinshasa et le M23/AFC.
Pendant que les FARDC intensifient leurs opérations aériennes et terrestres, le M23/AFC multiplie les offensives, semblant vouloir étendre son contrôle vers de nouvelles zones minières.
Sur le terrain, les civils restent les principales victimes de cette guerre interminable, pris entre les feux croisés de groupes armés, les bombardements et les représailles.
Rédaction : VictoriaNewsAvec les contributions de nos correspondants au Nord et Sud-Kivu


