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Haut-Katanga : Pantalons et mini-jupes interdits aux agentes de l’État, la révocation en ligne de mire !

Une note de service émise par la Division provinciale des Actifs du ministère de la Fonction publique au Haut-Katanga suscite une vive controverse sur les réseaux sociaux et au sein de l’opinion publique. Le document, référencé N°10.161/FPA/002/HKAT/2026, s’adresse exclusivement aux agentes féminines de l’Administration publique en province et interdit formellement certaines tenues vestimentaires jugées « inappropriées » sur le lieu de travail.

Une interdiction ciblée

Dans cette correspondance officielle, signée à Lubumbashi par le Chef de division provinciale de la Fonction publique/Actifs, Célestin Katolo Mulobe, il est expressément stipulé qu’« il est strictement interdit le port de pantalon, mini-jupe, body sexy, etc., sur le lieu du travail, c’est-à-dire dans l’enceinte de l’Administration publique ».

La note s’appuie sur le décret-loi n°017/2002 du 03 octobre 2002 portant code de conduite de l’agent public de l’État, notamment en ses articles 9 alinéas 2 et 3. Ces dispositions rappellent que l’agent public doit préserver la dignité de ses fonctions, s’abstenir de tout acte d’immoralité et faire preuve de civilité, de sincérité et de bonne tenue dans l’exercice de ses missions.

Menace de sanctions sévères

Le passage le plus commenté de la note demeure l’avertissement adressé aux éventuelles contrevenantes. Le document précise que « les récalcitrantes s’exposeront à des sanctions très sévères, allant même à leur révocation ».

En outre, les Directeurs, Chefs de divisions provinciales et Conservateurs des Titres immobiliers sont instruits de veiller à l’application stricte de cette mesure, avec mention d’une « large diffusion ».

Une mesure qui divise

La diffusion de cette note a rapidement enflammé les débats. Si certains estiment que l’Administration publique est en droit d’imposer un code vestimentaire afin de préserver l’image de l’État et la décence dans les services publics, d’autres dénoncent une mesure jugée discriminatoire et attentatoire aux libertés individuelles.

Plusieurs voix s’interrogent notamment sur le caractère exclusivement féminin de l’instruction, soulignant l’absence de dispositions similaires explicitement adressées aux agents masculins. Des organisations de défense des droits des femmes pourraient se saisir du dossier pour examiner la conformité de cette note avec les principes constitutionnels d’égalité et de non-discrimination.

Cadre légal et enjeux

Le décret-loi n°017/2002 encadre effectivement l’éthique et la déontologie des agents publics en République démocratique du Congo. Toutefois, la question demeure de savoir si l’interdiction explicite de certaines tenues vestimentaires, notamment le pantalon pour les femmes, peut être interprétée comme une mesure proportionnée et conforme aux standards contemporains de gestion des ressources humaines.

Dans un contexte où la modernisation de l’Administration publique est régulièrement mise en avant par les autorités, cette note relance le débat sur l’équilibre entre discipline administrative, respect des valeurs culturelles et droits fondamentaux des agents.

Vers un rétropédalage ou un maintien ferme ?

À ce stade, aucune communication officielle supplémentaire n’a été faite pour clarifier ou nuancer la portée de cette décision. Reste à savoir si la hiérarchie nationale du ministère de la Fonction publique confirmera cette orientation ou si des ajustements seront apportés face aux réactions suscitées.

En attendant, la note demeure en vigueur dans la province du Haut-Katanga et appelle à une application stricte au sein des services publics concernés.

Par Coco Kingson Cabamba

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