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Human Rights Watch exige que la paix passe enfin par la justice

Alors que s’ouvre ce jeudi 30 octobre à Paris la Conférence internationale sur la paix et l’aide humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), l’organisation Human Rights Watch (HRW) appelle la communauté internationale à placer la justice et la protection des civils au cœur des discussions.

Dans un communiqué rendu public à la veille de la rencontre, HRW dénonce la persistance des atrocités dans l’Est de la RDC, où les civils continuent de subir les conséquences des affrontements opposant le M23, soutenu par le Rwanda, aux groupes armés Wazalendo et FDLR, appuyés par les forces congolaises.

« Toutes les parties au conflit dans l’Est de la RDC ont commis de graves violations et abus à l’encontre des populations civiles, comme le démontrent plusieurs de nos enquêtes et celles de la mission d’établissement des faits de l’ONU », déplore l’organisation de défense des droits humains.

Une impunité qui alimente la violence

Pour Human Rights Watch, l’une des causes profondes du conflit réside dans l’impunité chronique dont bénéficient les auteurs de crimes de guerre. Depuis des décennies, les massacres, viols et déplacements forcés se succèdent sans que justice ne soit véritablement rendue.

« Les décennies de conflits dans l’Est de la RD Congo sont alimentées par une impunité flagrante pour les atrocités commises. Il est essentiel que l’accent soit mis sur la justice et la lutte contre l’impunité, notamment par l’appui à des enquêtes indépendantes », insiste HRW.

L’ONG appelle donc les États participants à aller au-delà des déclarations de bonne intention, en soutenant des mécanismes judiciaires internationaux et nationaux efficaces, capables de juger les responsables — qu’ils soient congolais, rwandais ou issus des groupes armés.

Une conférence décisive sous co-présidence franco-togolaise

Placée sous la co-présidence de la France et du Togo, ce dernier jouant un rôle de médiateur pour l’Union africaine dans la région des Grands Lacs, la Conférence de Paris se veut un tournant diplomatique.
L’objectif est de mobiliser la communauté internationale face à la crise humanitaire sans précédent qui ravage l’Est de la RDC, où plus de 7 millions de personnes sont aujourd’hui déplacées internes, selon les dernières estimations des Nations unies.

Les organisateurs entendent également donner la parole aux victimes et aux représentants de la société civile congolaise, afin que leurs voix orientent les décisions politiques et humanitaires à venir.

De la parole aux actes ?

Si les attentes sont immenses, HRW met en garde contre le risque d’un énième rendez-vous diplomatique sans suite concrète.
L’organisation exhorte les gouvernements et bailleurs présents à Paris à adopter des mesures contraignantes pour mettre fin aux violences et à soutenir la mise en place de tribunaux hybrides ou de mécanismes de justice transitionnelle, capables d’assurer la vérité, la réparation et la réconciliation.

« Les crimes de guerre et les violations graves des droits humains ne doivent plus rester impunis », martèle HRW dans son communiqué.

En plaçant la justice au centre du processus de paix, la Conférence de Paris pourrait devenir un moment charnière pour l’avenir de la RDC.
Mais pour beaucoup d’observateurs, seul le passage des promesses aux actions concrètes permettra de tourner la page d’un demi-siècle de souffrances et d’instabilité dans la région des Grands Lacs.

Par Coco Kingson Cabamba

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