
Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Me Jean-Claude Katende, a vivement critiqué la gestion de la situation économique actuelle en République démocratique du Congo, pointant du doigt l’écart entre le discours officiel et la réalité quotidienne vécue par la population.
Dans une déclaration publiée ce samedi, l’activiste estime que le taux actuel du dollar américain sur le marché congolais est « artificiel » et ne reflète pas la vérité économique du pays. « Le gouvernement s’en réjouit mais c’est le pauvre peuple qui en souffre. Les prix des biens et services n’ont pas baissé. Alors la joie du gouvernement vient d’où ? », s’interroge Me Katende.
Depuis plusieurs semaines, les autorités monétaires congolaises affichent une certaine satisfaction face à la stabilisation du franc congolais face au dollar. Cependant, cette stabilité demeure perçue par une frange de la société civile comme le résultat de mécanismes de régulation artificiels, notamment par des injections de devises ou des restrictions temporaires sur le marché de change.
Pour Me Katende, cette politique ne se traduit pas par une amélioration tangible du pouvoir d’achat des Congolais. Dans les marchés de Kinshasa comme en provinces, les prix des denrées alimentaires, des transports et des services essentiels n’ont pas connu de baisse significative, maintenant la population dans une situation de précarité.
L’intervention de Me Katende met en lumière un paradoxe : alors que le gouvernement communique sur la stabilité et les performances économiques, la population continue de subir la flambée des prix. Cette situation soulève des interrogations sur la pertinence des mesures prises et leur impact réel sur la vie quotidienne des ménages congolais.
Des experts économiques partagent également cette analyse, soulignant que la « stabilisation forcée » du taux de change pourrait s’avérer difficile à maintenir à long terme sans réformes structurelles profondes, notamment dans les secteurs productifs et l’assainissement des finances publiques.
Dans son message, Me Katende appelle le gouvernement à aller au-delà des effets d’annonce et à privilégier des politiques économiques centrées sur le bien-être du citoyen. « Une économie se juge par l’amélioration des conditions de vie de la population, pas par des chiffres manipulés », a-t-il insisté.
Cette prise de position relance le débat sur la gestion du franc congolais, la politique monétaire et le rôle de l’État dans la protection du pouvoir d’achat, alors que la RDC reste confrontée à des défis majeurs, tant sur le plan économique que social.
Par Coco Kingson Cabamba



