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Jeannot Binanu Mampasi transféré à l’Auditorat général après des propos jugés menaçants contre le chef de l’État

Jeannot Binanu Mampasi a été officiellement transféré par le Conseil national de cyberdéfense (CNC) à l’Auditorat général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à la suite de déclarations controversées tenues dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, l’intéressé affirmait notamment que le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, « n’a plus une longue vie », des propos assimilés par les autorités à une menace grave contre la sûreté de l’État.

Selon des sources sécuritaires concordantes, cette déclaration a immédiatement attiré l’attention des services spécialisés chargés de la surveillance et de la régulation de l’espace numérique en RDC. Le Conseil national de cyberdéfense, organe stratégique en matière de cybersécurité et de lutte contre les menaces numériques, a procédé à l’interpellation de Jeannot Binanu Mampasi avant son transfert vers les instances judiciaires compétentes.

Une affaire prise en charge par la justice militaire

Le dossier a été confié à l’Auditorat général des FARDC, juridiction compétente pour connaître des infractions portant atteinte à la sécurité nationale, à l’ordre public et aux institutions de la République. À l’issue de son audition, Jeannot Binanu Mampasi a été placé en détention à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.

D’après des informations préliminaires, les faits reprochés pourraient être qualifiés d’incitation à la violence, de menaces contre le chef de l’État et d’atteinte à la sûreté intérieure, des infractions sévèrement réprimées par les lois en vigueur en République démocratique du Congo, notamment dans un contexte sécuritaire jugé sensible.

Un signal fort contre les dérives sur les réseaux sociaux

Cette arrestation intervient dans un climat marqué par la recrudescence de discours haineux, de menaces et de contenus jugés subversifs diffusés via les plateformes numériques. Les autorités congolaises multiplient depuis plusieurs mois les mises en garde contre l’utilisation abusive des réseaux sociaux pour propager des messages susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte aux institutions légalement établies.

Le gouvernement rappelle régulièrement que la liberté d’expression, garantie par la Constitution, ne saurait couvrir les appels à la violence, les menaces de mort ou les propos mettant en danger la sécurité nationale. À travers cette action, les services de l’État entendent affirmer leur détermination à faire respecter la loi, y compris dans l’espace numérique.

Attente de la suite judiciaire

À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite sur la date d’une éventuelle audience ou sur les chefs d’accusation précis qui seront retenus contre Jeannot Binanu Mampasi. Son sort dépendra des conclusions de l’enquête en cours et des décisions de la justice militaire.

Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la responsabilité des acteurs numériques et des citoyens dans l’usage des réseaux sociaux, à l’heure où les autorités congolaises renforcent leur arsenal juridique et institutionnel pour lutter contre les menaces hybrides, mêlant information, désinformation et sécurité nationale.

Par Coco Kingson Cabamba

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