
L’organisation congolaise Journaliste en Danger (JED) a reçu, ce mardi 28 octobre 2025, le Prix de la liberté de la presse 2025, décerné par Reporter sans frontières (RSF) – section Suède. Une distinction internationale qui consacre plus de deux décennies d’engagement de JED en faveur de la protection des journalistes et de la liberté d’expression en République démocratique du Congo.
La cérémonie s’est tenue dans la capitale suédoise, en présence de plusieurs figures de la presse mondiale, de diplomates et de défenseurs des droits humains. C’est Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de JED, qui a reçu le trophée des mains de la présidente de RSF-Suède.
Dans son allocution, il a dédié cette récompense « à tous les journalistes congolais qui exercent dans des conditions extrêmement difficiles, souvent au péril de leur vie ».
« Ce prix est avant tout un hommage à ceux qui continuent d’informer malgré les menaces, les arrestations arbitraires et les pressions politiques », a déclaré M. Tshivuadi, ému, sous les applaudissements nourris de l’assistance.
Créée en 1998, JED s’est imposée comme l’un des principaux acteurs de la défense de la presse libre en Afrique centrale. Son action couvre l’ensemble du territoire congolais, avec un accent particulier sur les zones de conflit à l’Est du pays, où les journalistes sont souvent pris entre les feux des groupes armés et des autorités locales.
En 2024 seulement, plus de 50 cas d’agressions, de menaces et d’arrestations de journalistes ont été recensés par l’organisation. Plusieurs médias communautaires ont dû fermer, et certains journalistes ont été contraints à l’exil.
Malgré ce climat hostile, JED continue de documenter les violations et d’apporter une assistance juridique, psychologique et matérielle aux professionnels des médias en danger.
Le Prix de la liberté de la presse de RSF-Suède récompense chaque année une organisation ou une personnalité ayant contribué de manière exceptionnelle à la défense du droit à l’information. En choisissant JED, le jury a voulu saluer « le courage et la persévérance d’une organisation qui agit dans un environnement particulièrement hostile à la presse libre ».
« En RDC, être journaliste, c’est souvent un acte de bravoure. JED représente cette résilience qui force le respect », a souligné la représentante de RSF-Suède lors de la remise du prix.
À Kinshasa, la nouvelle a été accueillie avec fierté dans le milieu médiatique. Plusieurs rédactions et associations de journalistes ont salué cette distinction comme une victoire collective pour la presse congolaise.
Pour Donat Mbaya, cofondateur de JED, aujourd’hui président d’honneur, « cette reconnaissance internationale vient rappeler que la liberté de la presse n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique ».
Des voix s’élèvent néanmoins pour rappeler que le combat reste long. Malgré les avancées légales, de nombreux journalistes continuent de faire face à la censure, à des poursuites abusives et à la précarité professionnelle.
En recevant ce prix à Stockholm, JED envoie un signal clair à la communauté internationale : celui d’un plaidoyer constant pour un journalisme libre et responsable en Afrique centrale. Cette distinction devrait renforcer les partenariats entre les acteurs de la liberté de la presse et encourager davantage de soutien aux journalistes congolais, souvent oubliés dans les zones de crise.

